Onfray, Michel
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Core ideas
S'arrêter au christianisme. Interrogé sur sa culture des auteurs antiques, Onfray explique qu'il aurait pu poursuivre jusqu'au XXe siècle pour opposer ennemis et amis du plaisir, mais qu'il a choisi de s'arrêter au christianisme : cette pensée, élaborée il y a dix-sept ou dix-huit siècles (Tertullien, Méthode d'Olympe, les Pères de l'Église), fabrique encore notre quotidien sans qu'on s'en aperçoive. Les libertins, matérialistes, sensualistes et hédonistes, retrouvent de vieilles traditions oubliées (cyniques, cyrénaïques) qu'on n'enseigne pas à l'université ; il a voulu les restaurer.
Une tradition de haine du corps et de la femme. Il rattache à la tradition judéo-chrétienne une haine des désirs, du plaisir et des femmes : en relisant la Genèse, Ève ne goûte pas une pomme mais l'arbre de la connaissance, elle veut savoir, et ce que dénonce le judéo-christianisme (« ne cherchez pas à savoir, obéissez ») s'oppose au libertin, celui qui cherche à savoir. La tradition de la misogynie occidentale traverserait l'histoire, même si les choses ont changé.
Un livre-millefeuille : bestiaire, auteurs antiques, libertinage. Le livre qu'il présente se lit sur plusieurs plans : un bestiaire (le carrelet du mythe d'Aristophane dans le Banquet de Platon pour le désir comme manque, l'éléphant et le hérisson pour le plaisir, la hyène…), des auteurs antiques, une défense du libertinage. Il conclut sur l'importance de demander aux philosophes comment ils vivent, en pratique : que ce qu'on dit et ce qu'on fait se tiennent.
Fin de la guerre des sexes, féminisme libertaire, plaisir d'exister. Son souhait est la fin de la guerre entre les sexes : il invite à un « féminisme libertaire », une réconciliation ; il défend un éros léger, un hédonisme capable de bonheur. Le libertinage n'est pas la collection de conquêtes mais « l'art de mettre la liberté au-dessus de tout » et un rapport « luxueux » au réel : savoir goûter un ciel qui se modifie, l'inflexion d'une voix, un vin ; « fabriquer une présence au monde qui nous permette de jouir de chaque instant » (écho de l'éternel retour de Nietzsche). Il précise que cela vaut pour les gens modestes aussi (la fraise du jardin de son père plutôt qu'un grand cru) et reconnaît que l'engagement (mariage, enfants) restreint la liberté libertine.
Excerpts
“« j'invite un féminisme libertaire c'est à dire une réconciliation quelque chose qui nous permettrait de ne plus être en guerre avec l'autre sexe »”
“« demandez aux philosophes de raconter la façon dont ils vivent »”
“« savoir fabriquer une présence au monde qui nous permettent de jouir de chaque instant »”