de Botton, Alain
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Core ideas
Alain de Botton résume la thèse de son livre : on croit souvent qu'il faut choisir entre être croyant ou rejeter toute trace de religion (traditions, communauté, art), alors que les athées peuvent « voler » les meilleurs aspects des religions sans en partager les croyances. Le monde moderne, dit-il, a eu « tellement hâte » de se séparer de la religion qu'il en a oublié les côtés positifs, qui n'ont « rien à voir avec la croyance ». Il consacre des chapitres à plusieurs de ces apports : la communauté, l'éducation, la morale (l'éthique), l'art et l'architecture, et le système « thérapeutique » qui sous-tend beaucoup de religions. Il illustre cela par l'exemple des saints, c'est-à-dire de figures exemplaires d'une vie morale qui inspirent et orientent : quand on n'est pas chrétien, on peut se donner d'autres figures, comme un grand-père ou ses parents.
Il propose une lecture presque psychanalytique : l'adulte garde des besoins émotionnels hérités de la petite enfance (devant la figure de la Vierge, on se rappelle la tendresse maternelle), que la religion adresse tout en aidant à les refouler, et le monde athée, qui mise tout sur la science, n'apporte pas assez de réponses émotionnelles aux questions qui tracassent « au milieu de la nuit ». Il y a donc, dans le monde moderne et connecté, une place pour une religion « pour les athées », qui réinvente des éléments de la religion sans fonder une nouvelle croyance : il s'inspire d'Auguste Comte, qui a créé sa « religion de l'humanité » (idée qu'il juge « très folle » mais éclairante comme direction), tout en précisant qu'il ne s'agit ni de créer de nouveaux dieux, ni de vénérer quoi que ce soit.
Il défend ce droit de piocher partout, chez les bouddhistes, les chrétiens, les juifs ou les zen, en comparant la religion à un produit culturel, « comme la littérature et la philosophie » : on ne demande pas à un lecteur d'être exclusif, et les êtres humains ayant créé les religions, on peut choisir parmi ces créations. À la question de savoir si un athée qui adopte une religion cesse d'être athée, il répond que ce n'est pas un système de croyance qu'il propose mais de vivre en gardant à l'esprit les « leçons laïques » des religions. Il juge enfin que la technologie est devenue un remplacement de la foi : des gens traitent Steve Jobs ou Bill Gates comme des demi-dieux faute de comprendre leurs besoins quasi religieux, qu'ils refoulent ; or la technologie ne répond pas aux crises psychologiques, elle est externe (corps, transport, transmission d'idées), alors que les religions rappellent que l'être humain a ses limites et qu'on ne peut pas créer le paradis sur terre, une modestie qu'on oublie dans un monde qui croit que « quelqu'un va développer quelque chose dans quelques mois qui va sauver le monde ».
Excerpts
“« Je dis qu'en fait les athées peuvent voler les meilleurs côtés des religions. [...] On a eu tellement hâte, dans le monde moderne, de se séparer de la religion qu'on a un peu oublié les côtés positifs qui n'ont en fait rien à voir avec la croyance. La croyance ne m'intéresse pas dans la religion, c'est absolument la pratique. »”
“« Je pense que la religion, c'est aussi un produit culturel, c'est beaucoup plus comme la littérature et la philosophie que comme une idée extraterrestre. C'est venu de nous, ce sont les êtres humains qui ont créé ça, et donc on a le droit de choisir entre ces créations humaines, comme on le fait avec la littérature. »”
“« La technologie est devenue un remplacement pour la foi qu'on avait auparavant. Les religions disent toutes que l'être humain a ses limites, qu'on ne peut pas créer le paradis terrestre, et c'est ça qu'on a tendance à oublier dans le monde technologique, où on pense vraiment que quelqu'un va développer quelque chose dans quelques mois qui va sauver le monde. »”