Obertone, Laurent
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (une émission d'environ trois heures ; transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres et quelques passages rapides ; les passages incertains sont omis)
Core ideas
La thèse de « l'univers du mensonge ». Obertone explique que « La France Big Brother », écrit avant les attentats, prolonge « La France orange mécanique » : il prétend que les Français vivent dans un « conditionnement » médiatique, politique et scientifique, où l'on impose des slogans (« pas d'amalgame », « je suis Charlie ») et où « l'échec devient le succès » (les responsables du fiasco sécuritaire, comme les ministres de l'époque, voient leur popularité monter). Il compare cette situation à 1984 d'Orwell : une violence plus « subtile » que celle des régimes totalitaires, où les gens intériorisent la novlangue du politiquement correct et craignent l'exclusion du groupe. Pour Duplessis, derrière la « pensée unique » se cache un cosmopolitisme (effacement des frontières, du libre-échange à l'immigration, et des traditions) dont il fait remonter l'origine à Diogène, et qu'il relie à l'antiracisme, à la « théorie du genre » et à l'art contemporain.
Les attentats de janvier 2015. Obertone et ses interlocuteurs soutiennent que les services de renseignement et la classe politique ont failli (limite du nombre d'écoutes, manque de moyens, « cécité » sur l'islamisme, protection policière inefficace), critiquent le slogan « pas d'amalgame », jugent que la manifestation du 11 janvier relevait d'une psychologie des foules (Le Bon, Canetti) et qu'on fabrique des « héros » (le salarié malien de l'Hyper Cacher, dont ils contestent le rôle), et affirment qu'al-Qaïda et l'État islamique sont complémentaires en Occident. Un invité exprime des réserves sur les caricatures de Charlie Hebdo ; un autre participant le contredit, disant que deux victimes étaient des amis. Ils critiquent aussi l'hommage des chefs d'État (Orban cité), les sanctions du CSA contre Radio Courtoisie et l'interdiction de spectacles de Dieudonné, qu'ils présentent comme un étranglement de la liberté d'expression.
Science, médias, ségrégation. Les invités développent un scepticisme sur les modèles climatiques et épidémiologiques (Ebola, grippe aviaire), accusent les scientifiques et les médias de rechercher le sensationnel et les subventions, et soutiennent que le « silence » est le premier procédé du mensonge (comme dans les communismes). L'un des invités évoque aussi une enquête de l'INED sur les grands ensembles dans les années 1960, jamais diffusée, puis la thèse du « seuil de tolérance » et du tipping point (« white flight », école de Chicago) pour dénoncer la politique de mixité sociale et l'« apartheid » dont Manuel Valls avait parlé. Ils plaident enfin pour l'autodéfense armée des citoyens (modèle américain), jugent que les policiers eux-mêmes seront de plus en plus visés et que la communication gouvernementale va « trouver ses limites » avec de nouveaux attentats.
Éditeur et réception. Sorin rappelle avoir publié Houellebecq (« Plateforme ») et estime que « La France Big Brother » subit la même « loi du silence » que d'autres livres hors de la ligne dominante ; Obertone espère un succès par le bouche-à-oreille et les médias alternatifs (radio, Internet). Lesquen conclut que « le mensonge est consubstantiel au système politico-médiatique ». Plusieurs auditeurs interviennent (Viktor Orban, les attentats du 11 septembre, les écoles de journalisme).
Excerpts
“« Dans notre société actuelle, je pense que la violence est beaucoup plus subtile. »”
“« Le premier procédé du mensonge, c'est le silence. »”
“« Le mensonge est consubstantiel au système politico-médiatique que nous subissons. »”