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Wittig, Monique

écrivaine, autrice de L'Opoponax

(Vidéo) Monique Wittig à propos de son roman "L' Opoponax"

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec quelques erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Un langage d'enfant qui change avec l'âge. L'animateur décrit un livre où l'on entend les enfants grandir : de la maternelle jusqu'à quinze ou seize ans, le langage change au fil des périodes, par blocs d'une quarantaine de pages, sans véritable chapitrage. Wittig dit avoir reconstitué plutôt qu'avoir « eu » des souvenirs : elle pense qu'il est plus intéressant de les fabriquer, de reconstituer à partir d'une impression ce qui est propre à un souvenir, ce qui rend mieux la tonalité de l'enfance. La voix qu'on entend est surtout celle de Catherine Legrand, puis celle de chaque enfant tour à tour ; le livre se prête à une lecture à haute voix.

Un mouvement, des noms, un « on ». Elle dit avoir voulu exprimer le mouvement de l'enfance par la juxtaposition des phrases (on quitte un jeu pour un autre), l'absence de retour à la ligne : on ne vit pas en ligne droite, les faits s'accumulent. Elle donne à ses personnages un nom complet (Catherine Legrand, Valérie Borges) parce que, comme dans les énumérations de noms de la Bible, nommer donne une réalité à la personne. Elle relève un trait de l'enfance : la formule « sans le faire exprès », qui signifie en réalité « volontairement tout en donnant l'impression de ne pas le faire », trace d'un manque de sincérité entre enfants et adultes.

Couvent, amitié passionnée, le titre. Dans la dernière partie, Catherine Legrand et Valérie Borges, pensionnaires au couvent, vivent une amitié presque passionnelle, avec peu de jalousie exprimée ; le livre s'arrête au moment où commence leur aventure dans l'autocar, parce que le langage employé jusque-là ne convient plus à l'histoire adulte qui commencerait. Le titre désigne ce qui correspond à la prise de conscience de soi et à la naissance d'un amour, une présence obscure, un cauchemar qui revient, tout ce qu'on n'arrive pas à exprimer.

Excerpts

“« je crois que les souvenirs c'est plus intéressant de les fabriquer et à partir de là de reconstituer une impression qui est propre à un souvenir »”

“« sans le faire exprès ça veut dire volontairement »”