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Barthes, Roland

critique et sémiologue

Roland Barthes - Cours au Collège de France : La préparation du roman - Le désir de haïku

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (transcription automatique très déformée en de nombreux passages, avec des phrases brouillées et des noms propres illisibles ; seuls les thèmes et les idées clairement lisibles sont rapportés, le reste est omis)

Core ideas

Barthes part d'une comparaison entre pratiques amateurs : la musique ou la poésie, au XIXe siècle jusqu'au symbolisme, étaient pratiquées par de nombreux amateurs, sans clivage rigide entre ceux qui consomment et ceux qui produisent. Il y rattache un phénomène qu'il observe aujourd'hui : un désir diffus d'écrire (chansons, poèmes) alors qu'il n'existe pas en France de forme poétique populaire accessible, à la différence du Japon, où le haïku est une pratique sociale très répandue, presque un « sport national », avec des rubriques de haïkus dans les journaux et des recueils (il cite le témoignage d'un auteur japonais sur le plaisir soudain de composer des haïkus à 25 ans, détails incertains dans le transcript). Il explique la contrainte de 17 syllabes comme une combinatoire limitée qui rend possibles des recueils de modèles, et compare le haïku à un jeu de société dont l'enjeu n'est pas la performance mais le retrait de la « défiguration du monde ».

Il s'interroge sur les raisons de cette absence en France : le rôle négatif de l'école (récitation, dictée, enseignement de la rhétorique), le caractère lourd de l'alexandrin, la littérarisation du lyrisme, et le fait que la poésie française s'est « allégée » pour survivre ; il évoque aussi des essais d'équivalents français du haïku, dont il estime qu'ils échouent faute d'un cadre social comparable.

Sur le plan du haïku lui-même, il note qu'il se laisse difficilement classer (le classement traditionnel étant par saisons), qu'il repose sur des fragments juxtaposés sans liaison logique (il évoque John Cage et ses champignons, et une conception « sans logique »), que le haïku est anonyme (le recueil qu'il a reçu en cadeau est d'un auteur inconnu) et qu'il donne non pas la sensation d'un auteur mais celle d'un sujet, d'un instant du monde accessible à chacun. Il insiste sur la saison : presque tous les haïkus contiennent un mot de saison (« kigo »), allusion souvent indirecte, parfois seulement un moment du jour, et sur la précision sensorielle (nuages, lumière, odeur) plutôt que la description (« dans ses dix-sept syllabes il n'y a évidemment aucune description de l'été »). Il rappelle que, pour la linguistique, aucune règle n'oblige à finir une phrase, alors que le haïku, lui, est bref et clos.

Il termine sur une réflexion sur le temps qu'il fait : il regrette que notre société se détache des saisons (pollution du temps, abolition des saisons par les vacances, météo télévisée), évoque la sensibilité météorologique de certains diaristes et ses propres souvenirs d'hivers très froids (il évoque Bayonne et des rues de Paris), et soutient que le haïku dit la saison « beaucoup plus sûrement » parce qu'il rappelle le lien ancien entre les hommes et le temps (« la saison »).

Excerpts

“« Dans ses dix-sept syllabes, il n'y a évidemment aucune description de l'été. »”

“« Absolument rien ne vous oblige à finir une phrase. »”

“« Le vent d'hiver souffle, les yeux des chats clignotent. »”