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Moix, Yann

écrivain, auteur du roman « Orléans », paru le 21 août de l'année en cours, soit 2019 d'après le contexte

Yann Moix - Entretien (Signes des temps)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (un entretien d'environ quarante minutes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres ; les passages incertains sont omis ; les faits de l'affaire sont rapportés tels que présentés par l'animateur et par Moix lui-même, sans vérification indépendante)

Core ideas

Le contexte de l'affaire. L'animateur résume la polémique : à la sortie d'« Orléans », roman où Moix dénonce les sévices subis dans son enfance (que son père et son frère ont qualifiés d'« affabulation »), « L'Express » a révélé l'existence de fanzines à caractère antisémite qu'il avait conçus à la fin des années 1980 (ce que Moix a reconnu), puis « Le Monde » a décrit l'étendue de ses contacts avec des milieux négationnistes et littéraires d'extrême droite, prolongés jusqu'en 2013. Moix est aussi proche de Bernard-Henri Lévy et chroniqueur télévisé. L'émission se déroule en direct, ce qui, dit-il, sera sa dernière radio.

Les réponses de Moix. Interrogé sur les « amitiés d'extrême droite » que lui prête l'animateur, il les conteste : deux personnes seulement (un journaliste royaliste qui écrivait dans « Historia », et un écrivain qui s'est révélé antisémite et avec lequel il a rompu en 2007), tout en reconnaissant avoir revu le premier de temps en temps jusqu'en 2013 pour essayer de comprendre ses intentions. Il refuse d'être assimilé à Renaud Camus (qui a gagné un procès contre lui) ou à Mehdi Meklat. Sur la tribune de Bernard-Henri Lévy dans « Le Point » (un pardon accordé au nom des vivants et des morts), il se dit bouleversé, reconnaît lui devoir beaucoup et décrit une phase de jeunesse d'imitation (Sartre, Ponge, BHL), sans vouloir répondre « à la place » de BHL. Sur sa demande de pardon à la télévision (émission de Laurent Ruquier), il dit qu'elle était sincère, viscérale et non préméditée ; il admet que le lieu pose problème (mélange du divertissement et de l'analyse), que le pardon qu'il se devait à lui-même aurait dû rester intime, et se dit constamment humilié, sauf quand il écrit, lit ou étudie les textes talmudiques à l'Institut d'études lévinassiennes. Marie Gil lit cette scène à travers la thématique du rachat et du pardon, tout en jugeant l'affaire en partie privée.

L'errance des années 1990 et le « vide intellectuel ». Moix décrit une période d'errance (marcher dans Paris, squats, imitation de styles dans son premier roman) où il fréquentait des personnalités très diverses, dont Marc-Édouard Nabe, Blanrue, Soral ; il explique que certains qui se disaient subversifs ont basculé dans l'antisémitisme et le négationnisme sans qu'il puisse expliquer pourquoi. Pour lui, les années 1990 ont été un « trou noir intellectuel » après l'ultra-théorisation des années 1970 (structuralisme, lacanisme), dont a profité une culture « potache » du nihilisme et de l'immaturité, qu'il illustre par le « Caca's Club » de l'époque (milieu dont il cite Frédéric Beigbeder et Nabe). Il dit avoir échappé à ce vide grâce à l'étude de la pensée juive (Benny Lévy, Levinas) et à de grandes lectures (Dostoïevski, Conrad, Melville, Kafka), qui l'ont fait passer d'une littérature « brillante » à une littérature de « parole », plus profonde et moins posturale.

Lecture littéraire d'« Orléans ». Marie Gil situe le roman dans la tradition du récit de soi et d'enfance (Sartre, Gide), avec une écriture très personnelle et polyphonique, une violence qui évoque les thèmes de Céline (l'enfant jeté « comme un sac », comme les livres), une métaphore filée du changement de peau (Gide, Ponge, le bernard-l'hermite) et la quête d'un « moi » qui passe de l'identité à l'ipséité par la parole donnée à l'autre (Ricœur). Elle y voit un livre sur la littérature comme arme de libération et structure de soi. Moix conclut qu'il faut aller vers plus de solitude et moins de médias, et passer « du pastiche au palimpseste ».

Excerpts

“« Ne pas demander pardon m'était impossible [...] il était sincère, profond et il n'était pas prémédité. »”

“« J'ai compris qu'un jour j'avais peut-être la capacité d'arrêter d'être brillant et de commencer à être profond. »”

“« Il faut passer du pastiche au palimpseste. »”