MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Artesquieu/Artaud, Antonin

Artaud, Antonin

poète, comédien et théoricien du « théâtre de la cruauté »

Antonin Artaud - Pour en finir avec le jugement de Dieu (1947)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: partial (une œuvre radiophonique d'environ vingt-cinq minutes ; la transcription automatique est extrêmement déformée, surtout dans les passages criés ou chantés, de sorte que seules quelques phrases et la structure générale sont lisibles ; seuls les fils d'argument reconstituables avec une confiance suffisante sont rapportés, les passages incertains sont omis)

Core ideas

Une charge contre la société américaine et la guerre. Le début lisible (voix d'Artaud ou d'un comédien) décrit, sur un ton de pamphlet sarcastique, des pratiques attribuées aux États-Unis : l'école publique américaine imposerait à chaque enfant un examen dont l'objet est séminal (passage déformé), dans le but de fabriquer par fécondation artificielle les bras et les soldats dont le pays aurait besoin ; le texte dénonce un monde de produits fabriqués, de synthèse, qui remplacerait « la belle nature », et un recours à la guerre pour écouler ces produits. Le passage est très déformé, mais l'accusation vise un monde industriel et militaire où l'homme est réduit à une fonction.

La « recherche de la fécalité » : être, avoir un os, la viande. Dans une séquence reconnaissable (« là où ça sent la merde, ça sent l'être »), Artaud affirme que l'homme aurait pu ne pas déféquer, mais qu'il a choisi de le faire pour ne pas « mourir vivant » : pour vivre, il faut « être quelqu'un », donc avoir un os et ne pas craindre de montrer l'os, et l'homme a toujours préféré la viande à la terre ; il aurait préféré la « merde » au sang et à la ferraille de l'infini (l'argument est très déformé), et c'est de cette idée de l'être que viendrait l'abjection. Dieu lui-même, dit le texte, n'est un être que s'il est « merde » ; il finit par une scène d'une armée d'hommes descendus de la croix qui avancent en « invectivant l'invisible afin d'en finir avec le jugement de Dieu ».

Conscience, douleur, présence. Une séquence parlée plus calme (voix d'interview ou d'exposé) affirme : « nous savons qu'après l'ordre de ce monde il y en a un autre », sans savoir lequel ; « infini » ne serait qu'un mot « pour indiquer l'ouverture de notre conscience » vers une possibilité de mesure démesurée ; la conscience serait liée à des appétits (désir sexuel, faim) ou non. L'orateur dit que l'espace, le temps, l'avenir, l'être ne sont « rien » pour lui, que seule la présence de sa douleur et de son corps est réelle, et qu'on l'a « pressé de questions » jusqu'à ce qu'il réponde par un « non » explosif.

La présentation et la conclusion. Une voix de présentation énumère ce que cette émission a « dénoncé » (la fabrication des fœtus en conditions artificielles, la destruction des Indiens d'Amérique, etc. ; les autres points sont illisibles), dans un passage déformé, et la voix d'Artaud conclut, dans une séquence fameuse : il a trouvé le moyen d'en finir une fois pour toutes avec le « jugement de Dieu » ; personne ne croit plus en Dieu mais tout le monde croit en l'homme, qu'il faut donc faire passer « une fois de plus mais la dernière » sur la table d'autopsie pour lui refaire son anatomie, le délivrer de ses « automatismes » et lui rendre sa « véritable liberté » en lui réapprenant à danser « à l'envers » (l'idée du « corps sans organes » généralement associée à ce passage n'apparaît pas dans le transcript lisible).

Excerpts

“« pour être quelqu'un il faut avoir un os »”

“« nous savons qu'après l'ordre de ce monde il y en a un autre »”

“« pour indiquer l'ouverture de notre conscience »”