Crommelynck, Fernand
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Core ideas
Interrogé sur la place respective du français et du flamand dans le théâtre belge, Fernand Crommelynck commence par corriger le cadre même de la question : il n'existe pas, selon lui, de « langue belge », mais deux langues distinctes, le flamand et le français, et par conséquent un théâtre flamand et un théâtre français plutôt qu'un théâtre belge unifié linguistiquement. Il illustre ce malentendu par l'exemple du succès populaire du Mariage de Mademoiselle Beulemans de Fonson et Wicheler, dont le patois mêlant flamand et wallon aurait laissé croire au public français à l'existence d'une langue belge à part entière — une confusion qu'il juge aussi absurde que de qualifier Jean-Jacques Rousseau d'écrivain suisse, alors que de nombreux auteurs nés en Flandre, comme lui-même, ont choisi de s'exprimer en français.
Il rappelle à ce titre que le mouvement symboliste est venu presque entièrement de la Flandre belge, citant Georges Rodenbach, Maurice Maeterlinck (dont il évoque la création de Pan et le rôle de Panisca joué par Colette) et Émile Verhaeren. Il affirme que l'originalité de ces œuvres francophones d'inspiration nordique tient moins au tempérament individuel de leurs auteurs qu'à une fidélité volontaire à la tradition de la grande école picturale flamande. Il conclut par un rapide panorama du théâtre belge contemporain, égrenant une série de succès et de dramaturges (Suzanne Lilar et Le Journal de l'analogiste, Jean Mogin et Tous les chemins mènent au ciel, Michel de Ghelderode ayant attendu quarante ans avant de triompher avec Mademoiselle Jaïre et Fastes d'enfer, Gaston Martens, Hugo Claus et La Mariée au matin, Jos Janssens, Herman Closson et Les Quatre Fils Aymon), soulignant la richesse et la diversité de cette production tout en notant qu'il y aurait « cinquante noms » supplémentaires à citer.
Excerpts
“« Il n'y a pas de langue belge, mais simplement deux langues, la flamande et la française [...] il n'est venu à l'idée de personne d'appeler Jean-Jacques Rousseau un écrivain suisse ; le théâtre en Belgique est uniquement ou français ou flamand. »”
“« Le mouvement symboliste est venu presque entièrement des Flandres belges, avec Georges Rodenbach, Maurice Maeterlinck [...] et Émile Verhaeren [...] leur originalité tient moins au tempérament de leurs auteurs qu'à une obéissance volontaire à la tradition de la grande école picturale des Flandres. »”
“« Michel de Ghelderode avait attendu quarante ans pour se faire connaître avec Mademoiselle Jaïre et Fastes d'enfer, qui ont triomphé toutes deux. »”