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Zanone, Damien

universitaire, spécialiste de l'autobiographie et de la littérature des XIXe siècle

(Vidéo) Damien Zanone - L'autobiographie : Quels noms de genres, définitions, œuvres ?

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-neuf minutes ; transcription YouTube automatique, avec ponctuation correcte)

Core ideas

Un dictionnaire qui trace des frontières. Zanone salue l'ampleur du Dictionnaire de l'autobiographie (notions théoriques, genres, thèmes, périodes, aires, auteurs, œuvres) qui, à la différence de la somme de Georges Gusdorf (Lignes de vie, 1991), fige les figures « mieux que le sable » en les séparant en notices. Il note que l'introduction affirme « le goût des frontières » sur le plan conceptuel et défend une conviction forte du comité de rédaction : l'écriture fictionnelle et l'écriture factuelle ne sont pas de même nature et ne suscitent pas la même posture de lecture (le comité penche vers le pôle « ségrégationniste », au sens de Thomas Pavel, plutôt qu'« intégrationniste »).

La question de la fiction dans les notices stratégiques. Il examine comment les notices clés (autobiographie, anti-autobiographie, autofiction, authenticité, pacte autobiographique, roman autobiographique, vérité) posent l'armature théorique. L'autofiction a été confiée à une plume plutôt « intégrationniste » (Sylvie Jouanny), le roman autobiographique est jugé sévèrement (« mariage de la carpe et du lapin », « fléau du discours critique » selon Jacques Lecarme). Il remarque que la défense de la frontière reprend les arguments moraux de Brunetière (insincérité, artifice) contre les autobiographies.

Zanone, « intégrationniste », en désaccord poli. Il objecte à la notice « authenticité » (Michel Braud) qu'un engagement de tout l'être de l'auteur et du lecteur est possible aussi dans la fabulation, et que l'accès à la vérité de l'individu pourrait être un enjeu de toute création artistique ; à la notice « pacte autobiographique » de Philippe Lejeune (« une fiction ne saurait mentir puisqu'elle n'a pas promis de dire la vérité »), que l'indifférence de la fiction à la vérité est « plus affirmée que démontrée ». Formé aux romans-mémoires de Prévost et de Marivaux, il lit les récits à la première personne avec méfiance et plaisir. Sur la notice « antifiction » de Lejeune (le journal personnel résiste naturellement à la fabulation, « allergie naturelle »), il y voit un aveu : l'autobiographie narrative serait portée par sa « pente naturelle » vers la fabulation. Il conclut que le désaccord touche à l'irréductible du goût, et qu'il vaut mieux argumenter son goût que chercher un principe.

Excerpts

“« Ces questions sont des pièges pour la pensée et on doit consolider celle-ci en posant des repères fussent-ils contestables, discutables en tout cas. »”

“« mieux vaut, comme le fait Lejeune et comme nous le faisons tous, argumenter notre goût quand chercher le principe. »”