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Genevoix, Maurice

écrivain, secrétaire perpétuel de l'Académie française, prix Goncourt 1925 pour « Raboliot »

Maurice Genevoix : L'hirondelle qui fit le printemps

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (un entretien d'environ dix minutes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres ; les passages incertains sont omis)

Core ideas

Genevoix explique que l'écriture pour enfants est née pour lui d'une occasion : une jeune filleule à qui il raconte une histoire et dont les réactions enthousiastes l'incitent à continuer, ce qui donne un livre ; il y voit aussi un désir de retourner vers sa propre enfance, de « renouer le fil ». Il évoque la loi dite « de régression » (de Ribot) selon laquelle les souvenirs lointains persistent et surgissent à mesure que les plus récents s'effacent : en vieillissant, ses souvenirs d'enfance reprennent « une vivacité extraordinaire » ; il estime que le seul moyen d'écrire convenablement pour les enfants est de ne pas songer à écrire pour eux, au risque sinon d'un ton faussement puéril.

Il salue l'illustratrice Gerda Muller, jeune mère qui « les aime intelligemment » et dont les images ne l'ont « pas trahi ». À propos d'un courant qui voudrait faire du « scientisme » (vulgarisation scientifique) pour les enfants, il y voit une erreur : l'école les y conduira de toute façon, tandis qu'il faut les maintenir dans le climat poétique et naturel qui leur est propre, tout en admettant qu'on peut accéder à la science en sauvegardant sa fraîcheur et son amour de la nature. Il défend la nouvelle (il cite Maupassant, « La Dame de pique » de Pouchkine, « Adolphe ») contre l'idée qu'elle ne se vendrait pas, et juge que chacun doit écrire selon ses possibilités, indépendamment des éditeurs ou du « mirage des cent mille exemplaires » ; sa filleule fut son « cobaye originel » (il cite les aventures de « Bébert le petit ours qui téléphone »).

Il explique la constance des rééditions de ses livres par leur caractère intemporel : ils ne doivent rien à l'actualité brûlante ni au scandale, et il pense que l'oppression croissante du « machinisme » (ordinateurs, robots) suscitera chez les contemporains puis les descendants un « besoin physiologique » de retourner aux réalités intemporelles, à une poésie naturelle ; il cite aussi « La Forêt perdue », légende symbolique sur la vie, la mort et l'amour, et l'idée que l'enfant de huit ou neuf ans, qui découvre qu'il est mortel, a de la mort une idée plus poignante et plus vraie que l'adulte, souvent distrait. Il présente enfin ce livre, un « bestiaire » : un plaisir qu'il voulait se donner (écrire sur les animaux, « ces autres créatures ») qui s'est transformé en sorte de mémoires, avec ses souvenirs, sa rêverie et sa morale, « mon dernier message », le livre qui lui ressemble le plus et qui est « plein d'enfance ».

Excerpts

“« Il ne faut pas songer à écrire pour l'enfance. [...] À partir du moment où on prend une attitude, c'est faux : on devient ultra-puéril et pratiquement ridicule, et par conséquent on rate. »”

“« Pour avoir un sentiment de la mort le plus aigu, le plus ressemblant, il faut être un enfant de huit ou neuf ans, qui conçoit pour la première fois physiquement qu'il est mortel. »”

“« Ce bestiaire à l'origine était un plaisir que je voulais me donner [...] et il est devenu des mémoires. C'est ma dernière bouteille à la mer, mon dernier message. »”