Éluard, Paul
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (une émission d'environ dix minutes, composée surtout de lectures de poèmes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout dans les lectures)
Core ideas
Le présentateur introduit Éluard comme l'un des premiers représentants de la jeune poésie surréaliste, dont la bibliographie se confond avec l'histoire littéraire de l'époque, et cite sa définition de la poésie comme établie « au cœur même de la perception ». Éluard annonce son dernier volume, « Le Phénix », un recueil de poèmes d'amour illustré par Valentine Hugo (dont le titre évoque, selon un passage déformé du transcript, le couple « Adam et Ève », jamais le même), et lit deux poèmes : le premier, « Je t'aime », une déclaration où l'amour pour une seule femme est un amour pour toutes les femmes qu'il n'a pas connues et pour tous les temps qu'il n'a pas vécus, pour le grand large et le pain chaud, la neige qui fond et les premières fleurs ; le second, « Nous deux », plus court et plus simple, où deux amants qui se tiennent par la main se sentent « chez eux » partout (sous le ciel noir, en Russie en plein soleil, parmi la foule, les enfants et les grands) : « l'amour n'a rien de mystérieux, nous sommes l'évidence ».
Interrogé sur son travail en cours, il dit construire une anthologie des écrits sur l'art, travail utile selon lui parce qu'on n'en possédait jamais d'aussi complète : le premier volume, intitulé « Les Frères voyants », insiste sur l'importance de la lumière (le transcript écrit « pins », vraisemblablement « peintres »), lumière physique autant que morale ; elle ira du premier écrit sur l'art (Platon, Pline) jusqu'au début du XIXe siècle, car il ne veut pas s'engager dans les débats trop actuels, qui exigent un certain recul. Interrogé sur sa « profession de foi », il dit croire « entièrement et seulement en la jeunesse », car l'homme qui vieillit cherche à se construire « une perpétuelle jeunesse » sur d'autres plans : il a connu des vieillards plus jeunes que des adolescents. L'entretien se termine par la lecture intégrale de « Liberté » : litanie « j'écris ton nom » sur les cahiers d'écolier, le sable, la neige, les nids, la mer, la lampe, les amis, la solitude, jusqu'à la fin où, « par le pouvoir d'un mot », le poète recommence sa vie, « né pour te connaître, pour te nommer : Liberté ».
Excerpts
“« Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues. »”
“« Je crois à la jeunesse des vieillards. »”
“« Par le pouvoir d'un mot je recommence ma vie. »”