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Arkana, Keny

rappeuse marseillaise

Keny Arkana - Interview au festival GéNéRiQ

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (transcription automatique par endroits déformée, surtout les titres et noms propres ; les noms douteux sont signalés ou omis)

Core ideas

L'interview a lieu après un concert que les intervieweurs décrivent comme très réussi. Keny Arkana dit avoir un lien avec Dijon par Les Tanneries, lieu associatif et militant où elle est venue en 2007 pour un rassemblement « Rappel aux sans-voix » avec une assemblée populaire, puis pour un concert de soutien. Les intervieweurs retracent son parcours : des petits vinyles (avec un groupe transcrit « États majors », puis en solo), « L'Esquisse », puis l'album « Entre ciment et belle étoile » (présenté comme un classique), « Désobéissance », puis une pause d'environ trois ans, durant laquelle elle voulait faire « autre chose que de la musique » (projets artistiques, voyage en Amérique du Sud, démarches de retour à la terre et d'autonomie, qu'elle évoque sans aimer le mot « village », trop « bobo »). Elle explique avoir glissé un couplet en espagnol sur scène parce que le mouvement des Indignés venait de la Puerta del Sol de Madrid et pour s'adresser aux latinos.

Sur le live, elle dit réarranger les morceaux pour leur donner une « deuxième vie », avec une envie d'énergie festive (ska, reggae), tout en se définissant comme venue du hip-hop ; elle aime le live parce qu'on ne peut pas « tricher », qu'on y partage force, émotions et idées, et que « le public, c'est le meilleur chaman qui existe » (il lui est arrivé de monter sur scène malade, aphone, et de repartir remplie d'énergie). Elle explique qu'elle a choisi un pré-tour avant la sortie de l'album pour être « avec les gens » plutôt que dans une énergie avec les médias et la maison de disques, ce qui lui rappelle pourquoi elle fait de la musique. « L'Esquisse 2 » (parue fin 2011) était un projet spontané, ludique, avec des anciens morceaux, pour se remettre dans le jeu et se fixer une date limite pour l'album, qui a pris du retard (six ans après le premier album).

Pour l'album, dit-elle, elle écrit « un peu comme une autiste » : elle s'enferme des mois avec beaucoup d'instrus, en tire une trentaine de morceaux dont dix-huit seront retenus, sans se mettre de barrières, puis fait une sélection en cherchant un équilibre entre morceaux introspectifs, militants et spirituels. La plupart ont été écrits entre octobre 2011 et avril 2012, avec trois plus anciens (dont « Le Retour de l'enfant prodigue », daté de 2008). Interrogée sur le fait qu'on la présente comme une « rappeuse vengeuse » et sur un possible radicalisme, elle répond que son écriture, autrefois « directe et crue », est devenue plus imagée, donc moins brute, et qu'elle veut innover dans la forme (bpm, rythmiques, flow différent à chaque morceau) pour ne pas « faire du réchauffé », sans changer le fond. Elle termine par un message de solidarité : elle soutient Les Tanneries, menacées selon elle par un projet d'éco-quartier qui détruirait des potagers et leurs liens avec les habitants âgés du quartier, évoque la mobilisation de Notre-Dame-des-Landes (« quarante mille » personnes contre une centaine deux semaines plus tôt) et dit que « on est tous les mêmes » quel que soit le style, la religion ou l'âge, avec un seul avenir commun sur une seule planète.

Excerpts

“« C'est de se donner de la force, de partager des émotions, des idées. Des fois, il m'est arrivé de monter sur scène malade, aphone, et le public, c'est le meilleur chaman qui existe : tu sors de scène, t'as plus rien. »”

“« Quand je suis en mode écriture, je suis un peu autiste : je m'enferme des mois avec plein d'instrus, je fais plein de morceaux. Sur l'album, il y a dix-huit morceaux, mais j'en ai fait peut-être une trentaine. Je vais pas me mettre de barrières. »”

“« Soyons solidaires, on est tous les mêmes, peu importe le style vestimentaire, peu importe le style de musique qu'on écoute, peu importe qu'on ait une religion ou pas. On a un seul avenir commun sur une seule et même planète, et on a besoin d'être ensemble : ça donne de la force. »”