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Simon, Claude

romancier

Claude Simon - Extrait de son Discours du Prix Nobel

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (un extrait d'environ trois minutes ; transcription automatique très déformée, surtout vers la fin, où plusieurs phrases sont inintelligibles ; seuls les passages clairs sont rapportés)

Core ideas

Simon commence par évoquer la joie d'être distingué : il cite une lettre du biologiste André Lwoff selon laquelle la recherche est un jeu où l'on peut gagner ou perdre, mais où le savant, comme l'écrivain, aime être récompensé et reconnu. Il analyse les composantes de sa satisfaction : une certaine fierté, parce que l'attention du monde se tourne vers son pays, dont il dit qu'il a des raisons d'être « moqué ou dénigré » mais qui garde des lieux où survivent des valeurs « les plus menacées aujourd'hui ». Il remercie ensuite l'Académie suédoise, en rappelant que la Suède est une petite nation par sa population mais grande par sa culture, ses traditions, sa civilité et ses lois, « îlot privilégié et exemplaire » dans un monde de violence.

Il décrit ensuite la réaction de la presse après l'annonce : des médias, dit-il, ont cherché fébrilement des renseignements sur un « auteur pratiquement inconnu », certains journaux ont publié des informations fantaisistes sur sa vie, d'autres ont déploré le choix comme une « catastrophe nationale pour la France », et une grande presse à gros tirage est allée jusqu'à demander si le KGB soviétique n'avait pas infiltré l'Académie (le passage est partiellement déformé dans le transcript). Il reconnaît d'abord que dans le domaine de l'art, tout choix est contestable et en partie arbitraire, et qu'il y a d'autres écrivains qu'il respecte. Il y voit un symptôme du « divorce » entre l'art vivant et le grand public, entretenu par des forces conservatrices, et rappelle que les mêmes reproches ont toujours visé les artistes qui dérangent les habitudes et l'ordre établi : les impressionnistes, traités de « barbouilleurs », devant lesquels on fait aujourd'hui la queue dans les musées. Il termine, de façon difficile à restituer, sur l'accusation d'« art pour l'art » : il se refuse à voir dans l'art un instrument d'action révolutionnaire ou déstabilisatrice et trouve plus intéressante une autre ambition, qui n'est pas précisée dans le passage conservé.

Excerpts

“« Dans le domaine de l'art, de la littérature, tout choix [est] contestable et, dans une certaine mesure, arbitraire. »”

“« La recherche est un jeu [...] que l'on gagne ou que l'on perde. »”

“« Ce divorce de plus en plus prononcé [...] entre l'art vivant et le grand public. »”