Blondin, Antoine
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres ; les passages de romans lus ne sont que brièvement résumés)
Core ideas
Blondin raconte une enfance parisienne dans le 9e arrondissement, quartier « cerné de gares » dont il garde la nostalgie, car il fut mis très tôt en pension (à huit ans et demi) et vécut cela comme un exil « du pouls, du rythme de la vie », qui lui rendait Paris précieux ; ses meilleurs souvenirs sont ceux des rhumes (bonbons à l'eucalyptus, livres, fièvre agréable). En pension, il passe des larmes à la découverte de deux choses qui « font le prix de la vie » : la camaraderie et la discipline, qui excite la malice et la complicité. Il évoque six années de voyages d'été de trois semaines (entre douze et seize ans) avec un oncle armateur sur son bateau, en Baltique, en Finlande, Norvège, Suède, Estonie, Lituanie, Pologne, Allemagne, Irlande, Espagne (images d'escales, croix gammées, Riga en état de siège), avec un mal de mer constant. Il fit des études longues (redoublements, études supérieures), se maria à vingt-deux ans.
Parti au STO en 1943, il décrit deux ans dans une usine de caoutchouc synthétique près de Vienne, avec cinq mille ouvriers de dix-sept nations, dans un camp isolé, avec vingt-huit étudiants qui ont réussi à rester ensemble et à garder un climat « potache », de la dérision plutôt que la « désintégration », puis l'évacuation par les SS avant l'arrivée des Russes, le désordre en Allemagne, la faim, le travail comme ouvrier agricole dans le Tyrol et l'accident d'une jument qui, pleine d'un poulain, est morte après l'avoir piétiné, d'où il a dû creuser sa tombe. De retour à Paris, il donne des leçons particulières, rencontre deux jeunes gens (un écrivain, un éditeur) qui l'incitent à écrire, publie « L'Europe buissonnière », fait du journalisme et devient journaliste sportif à « L'Équipe », où il suit cinq fois le Tour de France : il évoque son goût du sport de compétition « dans la réalité du combat » et ses amitiés d'écrivains (Marcel Aymé, Jacques Perret, Vidalie, Nimier), avec lesquels il ne parle « jamais de littérature » mais de vin blanc, de bateaux, de promenades et d'expéditions « modérées ».
Il présente « Les Enfants du bon Dieu » (un professeur qui décide de ne pas signer le traité de Westphalie dans son cours pour briser la routine de sa vie, ce qui bouleverse l'histoire de France puis sa vie) et surtout « Un Singe en hiver » : la rechute d'un homme d'une soixantaine d'années qui a cessé de boire et trouve la vie morne, devant un jeune homme qui continue de boire (le jeune « a pris le pas sur le plus âgé », frère de ses personnages précédents, comme dans « L'Humeur vagabonde » : l'alcool comme clé pour se relier « au système nerveux du monde »). Le passage lu montre Quentin et sa femme Suzanne, lui défendant une ivresse de « princes incognito » comme « embellie » et « illusion dirigée ». Il conclut que réussir sa vie se fait « en bloc » et lui donnerait pour couleur d'ensemble un peu du soleil de son enfance : un appartement (« sur la côte », selon la transcription).
Excerpts
“« J'ai eu une enfance essentiellement parisienne [...] et la pension me semblait un exil : j'étais exilé du trafic, de ce qui me semble être le pouls, le rythme de la vie, du plaisir, de ce qui fait le prix de la vie pour des enfants, c'est-à-dire les couleurs et les mouvements. »”
“« Si je considère mes amis, je m'aperçois qu'ils sont presque tous des écrivains, mais je ne pense pas à eux comme des écrivains. Quand nous parlons, jamais de littérature, strictement jamais : nous parlons de petit vin blanc, nous parlons de bateaux, de longues promenades. »”
“« Ce roman est celui de la rechute d'un homme d'une soixantaine d'années qui a cessé de boire une dizaine d'années plus tôt et qui trouve que la vie est morne et plate. [...] Le suspense de ce livre, c'est : succombera-t-il, ne succombera-t-il pas ? »”