Lonsdale, Michael
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full pour un extrait court (une vingtaine de lignes, transcription automatique très déformée : les noms propres, les titres et plusieurs phrases sont incertains et signalés ou omis)
Core ideas
Lonsdale raconte d'abord comment il a travaillé avec Beckett : lorsqu'on lui a proposé de créer la pièce « Comédie » (trois personnages dans des jarres, qui disent leur texte à toute allure, sans intervention d'une mise en scène expressive), il « a bondi de joie », car c'était un théâtre complètement innovant ; il cite la mise en scène de Jean-Marie Serreau et des récits de Bernadette Lesaché (nom transcrit de façon déformée) qui assistait Roger Blin. Il raconte que Beckett était mécontent de l'avoir vue montée ailleurs (des jarres transformées en grosses bonbonnes, une version jouée « comme une pièce de boulevard » en Scandinavie), et qu'il lui a donné carte blanche pour la faire « comme il l'avait conçue » : ils ont passé deux mois à la préparer ensemble, ce qui est devenu pour lui un modèle d'« élégance » et de « beauté profonde ».
Il décrit ce que Beckett a apporté au théâtre : un monde de « misérables », de rejetés, de SDF, de fous, de gens que la société ne veut plus voir, à la place des rois et des princes de Shakespeare, avec une compassion pour l'humanité « incroyable ». Il évoque la générosité de Beckett, qui aidait ses amis en difficulté quand il a gagné de l'argent, son inquiétude constante, sa quête de « la vérité de quelque chose qu'il avait en lui », et le fait qu'ils parlaient parfois en anglais. Il a aussi lu à sa demande ses poèmes (Roger Blin, trop malade, ne pouvait plus le faire), Beckett ne lui expliquant pas ce qu'il ne comprenait pas, et il rappelle que Beckett avait été infirmier juste après la guerre, d'où beaucoup de choses sur la souffrance humaine ; ils se sont retrouvés plus tard avec Pierre Chabert pour jouer trois pièces dont « Catastrophe » et « Impromptu d'Ohio ».
Il conclut sur la fin de vie de Beckett : il vivait boulevard Arago dans un appartement dont une pièce donnait sur la prison de la Santé, ce qui lui plaisait (il faisait des signes aux prisonniers) ; après des disputes avec sa femme Suzanne, pianiste, dont il y a des traces dans « Comédie » (ou « Oh les beaux jours », titre incertain), il est parti vivre dans une maison de retraite, où il est resté « parmi [ses] semblables », recevant des lettres du monde entier et y répondant ; une amie, lors de sa dernière visite, lui a chanté « Plaisir d'amour » ; puis il a « tiré le rideau » : plus d'interviews, plus de radio ni de télévision, et il s'est tenu complètement à l'écart.
Excerpts
“« Peu à peu, ce que j'ai découvert, c'est le monde de Beckett : ce qu'il donne au théâtre, ce ne sont que des misérables, des rejetés, des SDF, des gens fous, des gens que la société ne veut plus. [...] Ça change un peu des rois et des princes qu'on avait au théâtre pendant des siècles. »”
“« C'était un homme d'une générosité [...], un être précieux comme ça, parce qu'authentique. Avec Beckett, nous parlions anglais parfois ; très inquiet, toujours cherchant comme ça la vérité de quelque chose qu'il avait en lui. »”