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Houellebecq, Michel

écrivain, poète

(Vidéo) Michel Houellebecq - Interview "Permis de Penser"

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, très bruités : plusieurs passages sont inintelligibles, la présentatrice n'est pas nommée)

Core ideas

La poésie, seule capable du bonheur. L'entretien commence par la poésie (la présentatrice lit « Midi », sur la vie qui s'écoule « entre la panique et l'ennui »). Houellebecq dit qu'il finira « plein de poésie », qu'il vient de mettre en ligne sur un site des poèmes inédits et des enregistrements, et que la poésie est le domaine où l'on peut dire l'exaltation, le bonheur ou la paix, « quasiment inaccessible à la prose romanesque » ; seules la peinture (l'extase religieuse) et la poésie y parviennent, et il dit avoir cherché sans trouver, chez les poètes plus récents, un poème heureux aussi convaincant que ceux de Dante.

Baudelaire, Balzac, Lovecraft. Sur photographies, il parle de ses maîtres. Baudelaire est un « frère d'armes » plutôt qu'un modèle écrasant, découvert grâce au Livre de poche et non à l'école. Balzac, dont une phrase sert d'exergue à Plateforme (« plus sa vie est infâme, plus l'homme y tient »), l'impressionne par son ampleur mais ne l'intimide pas ; il l'oppose à Proust, qui « referme la porte derrière lui ». Lovecraft, découvert adolescent, l'a influencé par son mélange de registres, juxtaposant témoignage, article de journal et rapport scientifique, ce que Houellebecq dit reprendre quand il mime un discours de sociologue ou de biologiste. Il est aussi question de l'âge auquel sont morts ces écrivains (Lovecraft à quarante-six ans), qu'il dit approcher ou avoir dépassé.

Race, science et désenchantement. Interrogé sur le racisme, il répond qu'il s'intéresse à de « vraies » différences entre humains, des modifications possibles de l'espèce (immortalité, photosynthèse), et que la couleur de peau est un « détail » ; les différences génétiques entre individus sont bien plus grandes qu'entre races. Il dit se soumettre librement à la certitude rationnelle (preuve mathématique, démarche expérimentale) même si elle est « parfois désespérante » : croire à un créateur aimant était « sympa », l'univers de Monod est « triste ». Dans La Possibilité d'une île, le héros a des moments de distance envers l'humanité, et il reconnaît avoir pris ses distances ces dernières années, tout en disant qu'il aime les hommes par éclipses.

Déliaison, désir, sectes, documentation. Le livre met en scène une « déliaison » inspirée du bouddhisme (« ne s'attacher à rien ni à personne »), qui donne la paix mais conduit à une apathie terrible ; il parle de la rupture entre Daniel et Isabelle, qui s'en va comme pour devancer le malheur. Schopenhauer reste sa grande lecture, qui lui a donné la sensation de comprendre le monde, mais la beauté du monde ne lui suffit pas. Il traite la psychanalyse de charlatanisme (Lacan), dit que les raéliens, qu'il a visités parmi d'autres sectes, sont inoffensifs et fait confiance au circuit scientifique malgré les fraudes. Il se documente sur place (voiture puissante, Lanzarote, bars en Thaïlande) et conclut sur L'Origine du monde de Courbet : seule la littérature peut réunir la dimension symbolique, le plaisir tactile et la dimension affective du sujet.

Excerpts

“« quasiment inaccessible à la prose romanesque l'exaltation le bonheur ou la paix »”

“« c'est un rapport fraternel comme un frère d'armes »”

“« l'humanité a mis au point des procédures pour arriver à une certitude rationnelle »”

“« ne s'attacher à rien ni à personne c'est à dire ni à soi ni aux autres »”