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Dorgelès, Roland

écrivain, ancien combattant de 1914-1918

Roland Dorgelès : Les Noëls de guerre

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (une émission d'environ quatre minutes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres ; les passages incertains sont omis)

Core ideas

Noël 1914 dans les tranchées. Après une introduction du présentateur rappelant qu'en 1914 et en 1944 des hommes vivaient des heures tragiques à Noël, Dorgelès raconte le réveillon de son régiment, en avant-postes dans un bois, le long de la route de Laon. La « force de la jeunesse », dit-il, est d'espérer, de ne pas croire au danger ni à la mort ; les soldats préparent un réveillon avec les envois de leurs familles, décorent une table sous la caponnière et accrochent des boules de gui dans les arbres. Vers minuit, un camarade se met à chanter Minuit, chrétiens depuis la tranchée, des voisins allemands répondent, des patrouilles sortent au-devant l'une de l'autre : au lieu de coups de feu, on échange des poignées de main et des mots qu'on ne comprend pas, et toute la nuit se passe en une « fraternisation que nul n'avait prémédité », sans esprit de défaitisme, les armes, y compris l'artillerie, se taisant. Il note que la nuit de la Nativité a pu faire croire à une nuit de paix, mais qu'il restait « trois années de guerre à supporter ». Il observe aussi que les anciens combattants évoquent leurs souvenirs entre eux par pudeur, pensant que les civils ne comprendront pas.

Noël 1944 à Dachau. Le père Riquet raconte le Noël de décembre 1944 comme « le plus authentiquement vécu » : malgré la misère et l'atmosphère hallucinante, c'est une fête de l'espérance. Dix-huit cents prêtres de toute l'Europe (environ cent cinquante prêtres français) ont été rassemblés à Dachau, dans deux blocs. Il raconte que, dans la nuit de Noël, un médecin du camp est venu le chercher auprès d'un prêtre gravement malade (volontaire comme prêtre-ouvrier en Allemagne et arrêté pour cela ; son nom est déformé dans le transcript), alors que lui-même portait sur lui une hostie consacrée. Une chapelle très modeste réunissait les prêtres « coude à coude » autour d'une messe que seuls trois d'entre eux pouvaient dire, et le sapin se réduisait à une simple branche-symbole ; cette messe de minuit a été, dit-il, « la plus belle » dans son dépouillement et sa « totale disponibilité ».

Excerpts

“« La force de la jeunesse, c'est qu'elle espère, c'est qu'elle ne croit pas au danger. »”

“« Les fusils se sont tus, l'artillerie elle-même apaisa sa grosse voix. »”

“« Noël est une fête de l'espérance. »”