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Jankélévitch, Vladimir

philosophe, professeur à la Sorbonne

Vladimir Jankélévitch - Cours à la Sorbonne sur l’Immédiat

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ une heure ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les termes grecs et latins)

Core ideas

Le retour à l'immédiat et la médiation. Jankélévitch ouvre son cours en disant que le désir de reprendre contact avec l'immédiat, du concret, est une tendance profonde de l'esprit moderne : c'est « la modernité à la puissance 2 », puisque les modernes, une fois conscients de la nécessité de la médiation, veulent la transcender. Il prend pour point de départ le Philèbe de Platon, qui s'en prend à ceux qui veulent passer directement à l'unité sans intermédiaires : « celui qui veut faire l'ange est un charlatan », tel Icare qui survole le labyrinthe au lieu d'en étudier les détours, ou le guérisseur qui prétend guérir sans passer par la connaissance de l'organisme. Le sophiste fait un tour de passe-passe (le lapin tiré du chapeau) en cachant le moyen terme, le rhéteur persuade par la flatterie sans argumentation : « le charmeur est un pickpocket » qui extorque le consentement sans que l'on sache comment. Platon recommande au contraire de viser un nombre intermédiaire, par degrés (le langage, la musique, l'échelle de l'amour dans le Banquet), et Plotin garde cette nécessité des purifications même pour l'extase.

Le temps, médiation positive. Au XIXe siècle les moyens deviennent des moments successifs du devenir. Pour les Grecs, le temps de la pensée n'est qu'une détente de l'éternité ; chez Bergson on peut retrouver l'immédiat à l'intérieur de la durée, car le temps est le milieu naturel de l'homme et une intuition immédiate du devenir, non plus un exil à combler. Le retour à l'immédiat n'est pas un retour à l'immédiat d'origine : l'immédiat de la fin n'est pas celui du début, comme pour l'enfant prodigue qui recommence une vie nouvelle ; il faut distinguer l'immédiat chronologique (la crédulité de l'enfance, la sensation brute, source d'illusions) et l'immédiat philosophique (l'intuition bergsonienne, la contemplation mystique, l'évidence cartésienne), qui exige un grand effort. La seule différence entre eux est parfois le temps écoulé et la conscience qu'on a de redevenir innocent, comme Socrate qui sait qu'il ne sait pas. Il note aussi des retours cyniques à l'apparence (Gracián, Nietzsche) comme réaction contre la fausse profondeur.

Les moyens qui deviennent des fins. Il décrit un autre danger : à force de vie quotidienne, « l'homme adhère peu à peu aux moyens dans l'oubli de leurs fonctions » ; l'argent, « moyen des moyens », devient une fin, la myopie mentale oublie l'ensemble, et le plaisir se reporte de la consonance finale à la dissonance elle-même (Debussy). Le sérieux véritable serait de ne pas transformer l'hypothèse en thèse, et de saisir l'occasion (le kairos).

Un problème de rapport, non de donnée. Finalement l'immédiat est un « problème de rapport » : ce qui est immédiat pour l'un ne l'est pas pour l'autre, et l'immédiateté n'exclut pas la relation mais la relation intermédiaire, le tiers (le dialogue direct plutôt que la médiation entre États qui boudent). Il annonce un plan en trois temps (l'immédiat spatial, c'est-à-dire la proximité ; l'immédiat temporel, l'imminence ; puis les rapports avec autrui, notamment l'amour) et la notion de « presque rien » : ni la coïncidence ni la simultanéité, mais le minimum d'espace et de temps où la proximité demeure.

Excerpts

“« celui qui veut faire l'ange est un charlatan »”

“« le charmeur est un pickpocket »”

“« l'homme adhère peu à peu aux moyens dans l'oubli de leurs fonctions »”

“« le problème de l'immédiat est donc un problème de rapport »”