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Foucault, Michel

philosophe

(Vidéo) Débat entre Noam Chomsky et Michel Foucault

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: partial in effect (environ 22 minutes ; sous-titres YouTube automatiques très bruités, mêlant français et anglais, où seuls les propos de Foucault sont lisibles ; les passages de Chomsky et les enchaînements confus sont omis)

Core ideas

La « nature humaine » comme index épistémologique. Foucault dit se méfier de la notion de nature humaine, qu'il compare à la notion de « vie » en biologie : au XVIIe-XVIIIe siècle on classait les êtres naturels sans le concept de vie ; ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec la microscopie, la chimie et l'étude de l'organisation interne des êtres, qu'il est apparu pour désigner un champ d'objets à parcourir. La vie fut ainsi « un indicateur épistémologique, un index des problèmes à parcourir », et la nature humaine pourrait jouer un rôle semblable plutôt que celui d'un concept organisateur.

Créativité, règles et grilles. Contre l'histoire traditionnelle des sciences, qui fait de la vérité une réalité déjà là que l'esprit de l'homme atteint ou manque par accident, il décrit les grandes transformations scientifiques (naissance de la biologie, de la philologie) comme des « grilles » qui font apparaître des phénomènes tout en en occultant d'autres, et non comme un progrès cumulatif ; s'il critique la notion d'individu créateur, il se dit proche de Chomsky : il n'y a de créativité possible qu'à partir d'un système de règles (linguistiques et épistémologiques), mais il se demande si ces régularités se trouvent dans l'esprit humain ou dans des formes sociales, rapports de production et luttes de classes. Il refuse de s'attarder aux raisons psychologiques ou biographiques d'un savant.

Pouvoir et institutions. Foucault dit ne pas pouvoir, comme Chomsky, proposer un modèle de société idéale ; la tâche politique urgente est de critiquer les institutions apparemment neutres (université, école, psychiatrie, justice) où s'exerce un pouvoir de classe, pour que la violence politique obscure apparaisse et qu'on puisse lutter contre elle. Il avertit que définir une nature humaine « libérée » risque de transposer la société bourgeoise : le marxisme du XIXe siècle a rêvé d'une sexualité, d'une famille et d'une esthétique de type bourgeois, ce qu'a reproduit l'Union soviétique.

Justice et guerre de classe. Foucault soutient qu'il faut attaquer les pratiques policières et judiciaires « en termes de guerre et non en termes de justice » (en réponse à l'idée sartrienne d'un tribunal populaire au nom d'une justice idéale) : la notion de justice fonctionne dans la société de classes comme revendication de l'opprimé et justification de l'oppresseur ; le prolétariat fait la guerre pour prendre le pouvoir, non parce que cette guerre serait juste, et il n'est pas sûr que la notion de justice subsistera dans une société sans classes. Le moment final voit Chomsky objecter (propos non lisibles) qu'il ne peut s'empêcher de croire à des notions de justice et de décence humaine, ce à quoi Foucault répond qu'elles sont formées au sein de notre civilisation et ne peuvent justifier un combat qui doit en bouleverser les fondements.

Excerpts

“« il est vrai que je me méfie un peu de cette notion de nature humaine »”

“« il n'y a de créativité possible qu'à partir d'un système de règles »”

“« il me semble que la tâche politique actuelle dans une société comme la nôtre c'est de critiquer le jeu des institutions apparemment les plus neutres et les plus indépendants »”