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Giono, Jean

écrivain, 1895-1970

(Vidéo) Jean Giono - Interview (La Nuit écoute)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-deux minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation et déformés, notamment dans le récit de Noël ; seuls les éléments clairs sont repris)

Core ideas

Un Noël de 1902 à Manosque. Giono raconte un souvenir d'enfance : à sept ans, dans la petite ville de Manosque, son père cordonnier, ancien « révolutionnaire de 48 » pétri d'une sentimentalité hugolienne, voit arriver un soir de neige un homme et une femme enceinte qui s'installent près d'une borne ; il les fait recueillir dans le fournil du boulanger, tout le voisinage apporte couvertures et nourriture. Son père y voit une correspondance avec Joseph et Marie et espère que l'enfant à naître sera un nouveau Messie qui achèvera l'œuvre imparfaite du premier ; il en parle toute la journée, jusqu'à ce que, la naissance ayant eu lieu, il revienne désespéré : « c'est une fille ». L'anecdote dit l'attente d'un salut et la bonté un peu naïve du père, que Giono adorait.

Vieillir, le bonheur, la souffrance. Interrogé sur sa santé (une maladie de cœur qui le contraint à des précautions : sel, tabac, promenades), Giono dit que la vieillesse est plus intéressante que la jeunesse, avec une sensualité « différente » : on goûte les choses (les eaux de Manosque ou de la Durance filtrées, le bruit d'une averse) avec plus de subtilité. Le problème est celui du bonheur, fait de petites choses « minuscules et nombreuses » et gratuites. Il trouve la mort naturelle ; seule la souffrance physique lui paraît un scandale incompréhensible.

Contre les voyages cosmiques, pour Verne et Dickens. Il juge sans intérêt les voyages dans l'espace, avant tout politiques (envoyer le ballon plus loin que l'autre), les cosmonautes enfermés dans leurs combinaisons : l'homme n'est pas fait pour cela, personne n'ira jamais ailleurs que sur la Terre. Il préfère Jules Verne à Cap Canaveral, Dickens (dont Les Grandes Espérances, qui enflamma sa classe de troisième) et Don Quichotte, qu'il emporterait sur une île déserte avec Machiavel ; adolescent, il lisait Virgile en se promenant dans les vergers d'oliviers.

Excerpts

“« je trouve que la vieillesse est beaucoup plus intéressante que la jeunesse »”

“« je ne comprends pas ça ça c'est vraiment un scandale »”

“« je n'ai jamais cessé de lire au don quichotte »”