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Léautaud, Paul

écrivain et critique

Paul Léautaud à propos de Maurice Maeterlinck et Stéphane Mallarmé

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (transcription automatique très déformée : de nombreuses phrases sont incohérentes et plusieurs noms et titres sont illisibles ; seuls les échanges dont le sens est assez clair sont résumés, avec prudence)

Core ideas

L'extrait s'ouvre sur quelques souvenirs de Maeterlinck, que Léautaud dit avoir vu une fois (« un vrai paysan flamand », habillé de grosses étoffes) et ne pas avoir revu ensuite. L'intervieweur passe à Mallarmé, auquel Léautaud a consacré la plus longue notice de l'anthologie. Il lui reproche d'avoir cité sans le contredire une phrase de Remy de Gourmont selon laquelle il est rare que les livres « aveuglément clairs » valent la peine d'être relus et que la littérature qui plaît aussitôt à l'universalité des hommes est « nécessairement nulle », alors que Léautaud défend d'habitude la clarté. Léautaud répond en rappelant que la notice avait grossi à mesure des éditions, puis récite de mémoire des vers de Mallarmé (« Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui », le cygne pris dans la glace) en disant qu'ils sont « très beaux » même si « on ne sait pas ce que ça veut dire » ; l'intervieweur lui oppose son peu de goût pour le jeu verbal et le fait que le poète fabriquerait ses effets avec un dictionnaire (l'étymologie des mots rares), à quoi il est répondu que le résultat, l'incantation, compte plus que la fabrication.

Ils évoquent ensuite Camille Mauclair, que Léautaud juge imitateur de tous les écrivains successivement (il le compare à un personnage d'Ibsen, Peer Gynt) et dont la notice avait donné lieu à un épisode : l'anthologie le disait d'origine juive et doté du « génie de sa race », il s'en est offusqué (il n'est pas juif), et Léautaud, tout en reconnaissant l'erreur, a retiré non seulement la mention mais aussi le mot « génie ». Ils parlent de Pierre Quillard (poète savant, professeur, rubrique politique au Mercure), puis de Henri de Régnier (que Léautaud n'a pas reniés : « il y a de forts beaux poèmes dans Régnier », de la mélancolie, un sens de la nature, et un romancier charmant, « La Double Maîtresse » étant « une merveille »), qu'il décrit comme un homme qui écrivait pour son propre plaisir et que l'argent n'intéressait pas ; Régnier l'avait introduit au Mercure de France et Léautaud, qui se dit « fermé à la reconnaissance », reste courtois. Enfin il évoque Laurent Tailhade, pamphlétaire courageux blessé dans un attentat anarchiste, et un poète mort jeune dont le nom est illisible.

Excerpts

“« Il est rare que les livres aveuglément clairs vaillent la peine d'être relus. La littérature qui plaît aussitôt à l'universalité des hommes est nécessairement nulle. » (citation de Gourmont rapportée par l'intervieweur)”

“« Je trouve qu'il y a quand même de forts beaux poèmes dans Régnier. [...] "La Double Maîtresse" est une merveille. »”

“« Je suis fermé à la reconnaissance. [...] Les gens à qui j'ai fait plaisir, eh bien, ils sont payés : pas la peine de leur dire merci. »”