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Gary, Romain

écrivain, ancien aviateur et diplomate, prix Goncourt

(Vidéo) Romain Gary - Interviews à propos de ses livres

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante minutes ; transcription par sous-titres YouTube avec ponctuation, au contraire des autres extraits, mais où la succession des entretiens et les noms propres peuvent être imparfaits)

Core ideas

Le Goncourt et le style. Dans le premier entretien, après son Goncourt, Gary se réjouit des attaques : un Goncourt qui n'est pas discuté ne lui semble pas vraiment avoir été reçu, et il voit dans les polémiques que provoque un roman en France le signe de la grandeur du pays. Il répond à la critique selon laquelle son livre serait mal écrit : on attribue à l'auteur le langage d'un personnage (un gamin de treize ans qui écrit « mortellement tuée » pour s'émouvoir lui-même), alors que « à tout ouvrage correspond un style » ; on ne peut pas raconter un troupeau d'éléphants à travers l'Afrique dans la langue de la Princesse de Clèves, et il faut inventer un langage, comme son mot « espérado », sans pouvoir habiller son personnage Morel « chez Dior ». Son hommage préféré : un éléphant en ivoire offert par une amie d'enfance, en écho à la lutte de Morel contre le braconnage.

La mère et l'autobiographie. Il dit avoir écrit La Promesse de l'aube pour se débarrasser de son passé et rompre avec sa mère, en une sorte de psychanalyse qui n'a pas fonctionné parce que le livre a connu un succès constant ; sa mère n'avait qu'un « trait de caractère, c'était moi ». Il raconte ses métiers de fortune (chapeaux aux fausses étiquettes de Paul Poiret à Vilnius, pension, bijoux), sa dernière lettre (« Sois dur, sois fort et continue ») et les ambitions imposées : violon, danse, escrime, mais pas la peinture. Il voit en elle le prototype de toute mère et compare son amour de la France à celui du général de Gaulle. Sur l'adaptation de Jules Dassin, il dit qu'un cinéaste « trahit toujours un livre et il doit trahir un livre », tout en espérant que ce soit bien.

Chien blanc et le racisme américain. Dans Chien blanc, il raconte avoir adopté à Hollywood un chien dressé à attaquer les Noirs, qu'un musulman noir (« Kizz », pseudonyme) voulait « rééduquer » dans un esprit de haine symétrique ; l'affaire se déroule sur fond des émeutes après l'assassinat de Martin Luther King. Pour lui, la violence des Noirs américains est avant tout un psychodrame pour retrouver la dignité après deux siècles de déni d'humanité, et il garde un espoir d'égalité des droits par les voies politiques normales.

Diplomatie, claustrophobie, couple. À propos de La nuit sera calme, il dit avoir fait un « bilan » à la soixantaine, avec les questions dures de François Bondy, et souffrir de « claustrophobie dans [sa] peau » : écrire, changer de métier ou de pseudonyme (il évoque son pseudonyme, démasqué à cause d'un reportage sur le Yémen) est un effort pour ne pas être lui-même. Il se dit partisan « féroce » de la féminisation du monde. Dans Clair de femme, il défend le couple comme l'unité de mesure d'une civilisation, rejette les faux débats sur l'indépendance à l'intérieur du couple (tout en soutenant l'égalité des droits face à la société), cite la fraternité entre l'homme et la femme, et raconte l'histoire d'une femme mourante qui envoie son mari vers une autre pour que leur couple demeure : « mon collectivisme s'arrête à deux ».

Excerpts

“« à tout ouvrage correspond un style »”

“« elle avait un seul trait de caractère c'était moi »”

“« Un cinéaste trahit toujours un livre et il doit trahir un livre »”

“« Mon collectivisme s'arrête à deux »”