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Paz, Octavio

poète et essayiste mexicain, prix Nobel de littérature

(Vidéo) Octavio Paz - Entretien à propos de son livre "La flamme double"

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ onze minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation et très bruités : seuls les enchaînements clairs sont repris)

Core ideas

Une critique à portée anthropologique. Paz présente La Flamme double comme un livre à la fois de théorie et d'expériences, une sorte d'autobiographie littéraire d'un poète qui a commencé par écrire des poèmes d'amour. Il part d'une question : quelle place l'amour occupe-t-il dans la société du XXe siècle ? Pour y répondre, il reprend la « préhistoire » de l'amour dans la civilisation occidentale, le confrontant à d'autres cultures (monde arabe, Chine, Japon) et à l'amour courtois.

Sexualité, érotisme, amour. La sexualité est un phénomène universel et biologique (animal, végétal) ; l'érotisme est un domaine propre à l'humain, travaillé par la culture, l'imagination, les cérémonies, la répression ; l'amour est un choix d'une personne, une attraction « involontaire » entre deux êtres qui pourtant transforme l'objet en sujet et le sujet en objet : c'est « le paradoxe de l'amour » et celui de l'homme, une fatalité librement construite, entre corps et âme, liberté et contrainte.

Amour et politique. Paz juge que la menace principale pour la conception traditionnelle de l'amour vient de la « tarification » de la vie et d'une certaine conception de la science moderne ; il note que la pensée politique moderne a chassé l'amour et les forces affectives (on parle de liberté, justice, égalité, pas de passion). L'uniformisation des représentations par la domination occidentale lui paraît une menace.

Amour et temps ; Sade. L'amour est un pari contre le temps : la personne aimée vieillit, change, peut mourir ; il faut pactiser avec le temps (il cite le mythe de Philémon et Baucis) et retrouver, dans l'amour, un retour à la nature. Sur Sade, auquel il a consacré un poème en 1948 puis un essai, il dit prendre ses distances : Sade est un libertaire en apparence, mais « tyrannique » en pratique, faisant du droit à la jouissance, y compris au crime, une oppression d'autrui ; la liberté ne se pense pas sans son contraire, la fatalité.

Excerpts

“« quelle est la place de l'amour dans la société du 20e siècle »”

“« nous sommes capables de transformer l'objet un sujet et le sujet un objet c'est la paradoxe de l'amour »”