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Lescot, Micha

comédien, « Michel Escot » dans la transcription

Micha Lescot lit "La Métamorphose de Franz Kafka"

Artesquieu · Mar 10, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (lecture d'une version abrégée de la nouvelle, avec une brève présentation de l'animateur et la fable de la souris et du chat en ouverture)

Core ideas

L'animateur ouvre par une courte fable de Kafka (« le monde devient plus étroit chaque jour... », la souris coincée entre deux murs qui se rapprochent et à qui le chat répond : « tu n'as qu'à changer de direction », en la dévorant) comme annonce de l'absurde et de l'enfermement de la nouvelle, écrite en 1912 et publiée trois ans plus tard, qui embrasse « les thèmes chers à l'écrivain » : névroses familiales, rapport au père, rejet du monde du travail et de la société.

La lecture (abrégée) suit Grégor Samsa, voyageur de commerce qui se réveille « un beau matin » transformé en énorme insecte à la carapace dure, au ventre bombé et aux multiples pattes « lamentablement fluettes ». Sa première préoccupation n'est pas son corps mais son travail : il se plaint d'un « métier éprouvant », songe qu'il irait « trouver le patron » s'il ne se retenait pas à cause de ses parents (leur dette), et s'inquiète de rater son train de 5 heures. Le fondé de pouvoir vient exiger des explications ; sa voix a changé, personne ne comprend ses paroles, mais il s'efforce encore de se montrer, ouvre la porte avec la bouche et son apparition fait fuir le fondé de pouvoir, la mère s'effondre, et le père le repousse brutalement dans sa chambre. La sœur, Grete, prend soin de lui (le lait, qu'il ne boit plus), puis la famille, qui doit travailler (le père reprend un emploi de bureau en uniforme, la mère coud, la sœur est vendeuse et apprend la sténographie), loue une pièce à trois sous-locataires et entasse des objets dans sa chambre. Le déménagement des meubles que veulent la mère et la sœur le pousse à s'accrocher à l'image d'une dame en fourrure, la mère s'évanouit en le voyant, et le père le bombarde de pommes, dont l'une reste fichée dans sa chair.

Le tournant est la scène du violon : Grete joue pour les sous-locataires, Grégor s'avance, couvert de poussière, attiré par la musique qui lui semble « la voie menant à une nourriture inconnue » ; les locataires le voient, résilient leur bail avec dégoût, et Grete, en larmes, dit qu'il faut « se débarrasser de lui » (« si c'était Grégor, il y a beau temps qu'il aurait compris qu'il n'est pas possible pour des êtres humains de cohabiter avec un animal pareil ») ; le père approuve. Grégor regagne sa chambre, la porte est verrouillée, et il meurt à l'aube, pensant à sa famille « avec émotion et amour », convaincu qu'il doit disparaître. La femme de ménage trouve son corps, la famille décide de prendre un jour de repos, écrit des lettres d'excuses et part en tramway à la campagne ; à la fin, le père et la mère remarquent que leur fille s'est « épanouie » et qu'il est temps de lui chercher un mari, et la jeune fille « étire son jeune corps ». La lecture est suivie d'applaudissements et d'une annonce du programme de la semaine d'Avignon.

Excerpts

“« Quand Grégor Samsa se réveilla un beau matin au sortir de rêves agités, il était couché sur le dos, qu'il sentait dur comme une carapace, et chaque fois qu'il levait un peu la tête, il apercevait son ventre bombé, brun, au sommet duquel la couverture ne tenait plus. [...] Qu'est-ce qui m'est arrivé ? pensa-t-il. Ce n'était pas un rêve. Sa chambre, une vraie chambre d'être humain, simplement un peu trop petite, était là, bien tranquille, entre ses quatre murs familiers. »”

“« Mon Dieu, quel métier éprouvant ! Tous les jours en déplacement. [...] Si je ne me retenais pas à cause de mes parents, il y a belle lurette que je serais allé trouver le patron et que je lui aurais dit ce que je pense du fond du cœur. Une fois que j'aurai réuni l'argent pour lui payer ce que les parents lui doivent, je ferai la chose, c'est sûr, ce sera la grande coupure. »”

“« Ça ne peut pas continuer comme ça. Vous ne voulez peut-être pas voir la vérité en face, mais moi je la vois. Je ne veux pas, devant ce monstre, prononcer le nom de mon frère, et je dis donc uniquement ceci : nous devons essayer de nous débarrasser de lui. Nous avons tenté tout ce qui était humainement possible pour prendre soin de lui et le supporter patiemment. »”