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de Montherlant, Henry

écrivain

Henry de Montherlant - Entretiens (1952)

Artesquieu · Apr 30, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (transcription automatique très approximative sur certains noms et titres)

Core ideas

La série suit l'œuvre dans l'ordre chronologique. L'Exil (pièce écrite en novembre 1914, à 18 ans) est présentée comme la matrice de toute son œuvre : thème de l'enfance et du collège, de l'amitié passion, de l'incompréhension entre les êtres, de l'abstraction (la patrie) qui s'efface devant l'amour d'un être pour un autre (une mère et son fils). Montherlant raconte que sa mère et sa grand-mère, dont il avait peur de la réaction, ne lui ont jamais fait la moindre objection, et il évoque son envie de ne pas voir ses pièces représentées. La Relève du matin (écrite de 1916 à 1918, publiée en 1920) est un livre d'adolescence, de religion et de souvenir des morts de la guerre, refusé par onze éditeurs, publié à compte d'auteur à 750 exemplaires, puis réédité quatorze fois chez divers éditeurs ; il y défend « le culte de l'enfance et de l'adolescence » et la thèse que l'enfant est la plus admirable création de la nature, avec une citation de Stendhal (retirer son fils du monde quand il aura 16 ans). Interrogé sur la vérité du catholicisme, il dit en être « à l'extérieur », tout en prenant de lui ce qui convient à sa vie spirituelle et poétique (la « ligne de cœur » de l'Évangile à Port-Royal).

Le Songe (écrit de 1919 à 1922) est un roman de guerre où il transpose sa propre expérience (secrétaire d'état-major, puis simple soldat d'infanterie, blessé en juin 1918) : un jeune lettré, Alban, et une jeune fille sportive, Dominique, transformés par la guerre ; il y exprime la dissociation entre amour sentimental et amour sensuel, l'« inanité de l'action » et l'acceptation stoïcienne (« tout est juste »). Les Olympiques (1924) naissent de sa découverte du sport au Parc des Princes en 1915 ; il dit avoir « ouvert grandes les fenêtres » de la chambre d'étudiant, et que le sport est avant tout une culture de la camaraderie et de la sympathie entre classes, dont le « résidu » est la poésie. Les Bestiaires (1926) transpose la tauromachie, un art du corps à corps où il dit avoir éprouvé, en toréant lui-même en 1923-1925, une excitation érotique et l'enivrement de la peur. Aux fontaines du désir et le « syncrétisme et alternance » exposent sa crise de 1925-1929 (après avoir liquidé ses biens pour voyager et chercher le bonheur), la théorie d'une alternance (« être tour à tour saint Vincent de Paul et Casanova »), avec des remarques d'amitié pour Barrès. Les Célibataires (1934, Grand Prix de littérature de l'Académie française) isole le « côté pauvre type » de lui-même avec le personnage de Léon de Coantré, et son succès, dit-il, tient aussi à ce que l'on y a vu une attaque contre la noblesse, ce qu'il récuse. La Rose de sable (commencée en 1930) traite la « question indigène » en Afrique du Nord, avec un lieutenant épris d'une jeune indigène et le chevalier de Guiscard comme libertin.

Il évoque aussi son recueil de poèmes (Encore un instant de bonheur, titre choisi sous le coup des événements de février 1934, le bonheur comme état de certitude sensible, la poésie plus facile à pratiquer authentiquement et frauduleusement que la prose, des femmes comme meilleures poètes), Service inutile (1935, un livre de morale de la qualité, de réflexion sur l'écrivain et la chose publique, sur l'âme qui « sert » et l'intelligence « inutile », sur un idéal de sainteté sans Dieu ni apostolat), Les Jeunes Filles (1936, tiré à environ 600 000 exemplaires selon lui, incompris, qu'il défend en disant ne répéter que des choses dites par les plus grands esprits, reconnaissant seulement l'abus de généralisation, et affirmant que le mépris pour les femmes est une accusation qu'on lui fait pour son objectivité), puis L'Équinoxe de septembre (1938-1939) et Le Solstice de juin (1941) : pour le premier, il rappelle sa position anti-munichoise et un apologue (le parapluie du samouraï) sur l'attitude devant la guerre ; pour le second, des textes qu'il dit presque tous hostiles à Vichy, des textes sur l'armistice (le solstice comme moment de renaissance), dont il dit que le recueil a été interdit en Belgique et en Hollande pendant l'Occupation, et qu'une liste de livres à retirer de la circulation a été transmise aux éditeurs en 1945. Enfin Textes sous une occupation (1940-1944) : ses articles de correspondant de guerre pour Marianne en mai 1940, ses textes sur la paternité et sur l'enfance, son travail à la section d'assistance aux enfants de la Croix-Rouge suisse (1942-1946), son choix de l'Ecclésiaste comme livre unique, et son projet d'un long roman de sept à huit cents pages en trois tomes.

Excerpts

“« Si tout ce que moi et d'autres nous avons vu dans le sport étaient des illusions pures [...] il y aurait tout de même encore quelque chose qui est acquis et que rien ne peut lui enlever : les heures de poésie qu'il fait vivre dans la grâce, la beauté parfois des visages et des corps de jeunesse, dans la nature et la sympathie. La poésie, là, est peut-être le seul résidu du sport. »”

“« L'âme dite service et l'intelligence dite inutile. Tout ce que nous faisons pour la communauté est toujours inutile pour elle, mais nous le faisons quand même parce que c'est notre âme que nous cherchons à satisfaire. Et en définitive, ce qui a été inutile pour les autres a été utile pour nous. »”

“« Lorsqu'il m'arrive de parler durement des femmes dans Les Jeunes Filles, je ne fais que répéter ce qui a été dit déjà, et beaucoup plus durement, depuis les premiers âges de l'humanité, par les esprits les plus hauts et les moins passionnés. [...] La seule erreur que je vois dans cet ouvrage, c'est l'abus de la généralisation : je dis beaucoup trop "les femmes". »”