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Foucault, Michel

philosophe

(Vidéo) Michel Foucault - Interview avec Fons Elders

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (un extrait d'environ cinq minutes ; transcription automatique en français très déformée sur plusieurs passages, notamment le milieu de l'extrait, dont le contenu n'est que partiellement intelligible ; seuls les passages clairs sont rapportés)

Core ideas

Foucault raconte comment, après des études de philosophie puis de psychologie et de psychopathologie, il a été frappé par un paradoxe : la civilisation occidentale a longtemps été « familière » de la folie (les fous sont présents dans le théâtre et la littérature depuis l'âge grec), mais c'est seulement au XIXe siècle que la folie devient un objet de science, alors qu'à partir du XVIIe siècle le fou est mis à part et enfermé (il évoque un tableau de la peinture hollandaise, selon le transcript montrant des femmes dirigeant une maison d'enfermement ; au XVIIe et XVIIIe siècles, on enfermait les « inutiles » et les « perturbateurs » sociaux). Il en tire l'hypothèse que l'Occident se fait « de bien grandes illusions sur lui-même » lorsqu'il se croit tolérant : pour connaître la folie, il a fallu l'exclure ; pour connaître les cultures non occidentales, les mépriser, les conquérir, les faire taire ; pour connaître la sexualité, passer par le puritanisme du XIXe siècle et la psychanalyse. L'universalité du savoir occidental aurait donc été acquise « au prix d'exclusions, d'interdits, d'une espèce de cruauté à l'égard de la réalité ».

D'où son projet d'archéologie du savoir : chercher les racines inconscientes et les formes implicites, non présentes à la conscience des savants, qui régissent les domaines de savoir d'une époque (dans « Les Mots et les choses », il compare la biologie, l'économie et la linguistique du XVIIe au XIXe siècle). Il définit le structuralisme, au sens large, comme une méthode qui dégage des relations constantes à partir d'éléments qui, eux, peuvent changer, avec l'image d'une photographie qui passe du positif au négatif : chaque point change mais le visage reste reconnaissable parce que les relations restent les mêmes. Les structuralistes s'intéressent aux systèmes de relations et non à l'expérience vécue individuelle, ce qui relève d'une « remise en question de la souveraineté du sujet ».

L'extrait aborde aussi l'expérience de la drogue comme effacement des limites et des exclusions et question sur la valeur du savoir d'avant, qu'il juge au cœur des problèmes de la société et non marginale, et le maoïsme, qui poserait ce problème sur un autre mode (quels savoirs seraient possibles lorsque l'homme sera libéré des contraintes économiques, politiques, morales et culturelles). Il refuse de parler de sa vie personnelle, voit dans l'exaltation de l'individualité une forme d'enfermement par la souveraineté du sujet, parle de son action dans le Groupe d'information sur les prisons (une « attaque contre le système répressif », justice et police), et conclut en disant qu'il ne dit pas les choses parce qu'il les pense mais « pour ne plus les penser », dans une « feinte d'autodestruction » : la « disparition de l'homme » désigne la disparition des formes d'individualité et de subjectivité sur lesquelles on a bâti le savoir.

Excerpts

“« Mon hypothèse, c'est ceci : l'universalité de notre savoir a été acquise au prix d'exclusions, d'interdits, de refus, au prix d'une espèce de cruauté à l'égard de toute la réalité. »”

“« On peut dire que le structuralisme, c'est la méthode d'analyse qui consiste à dégager des relations constantes à partir d'éléments qui, eux, dans leurs qualités propres, peuvent changer. »”

“« Je ne dis pas les choses parce que je les pense : je dis les choses pour ne plus les penser. »”