Aron, Raymond
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Core ideas
Une réflexion sur la guerre à partir d'Auguste Comte. Aron explique que ce livre est né d'une conférence commandée par la société Auguste Comte de Londres : il a choisi de méditer sur l'erreur de Comte, qui annonçait la fin des grandes guerres pour l'humanité d'avant-garde, et sur sa « prophétie » d'une civilisation occidentale mondiale à condition qu'elle ne soit pas conquérante. Nous vivons pour la première fois dans une « société universelle » avec une diplomatie planétaire (anecdote de l'empereur de Chine et de l'ambassadeur britannique), mais divisée.
De la « non-guerre » à la paix. Aron distingue la non-guerre actuelle et la paix. Les conditions pour passer de l'une à l'autre : atténuer l'écart entre un petit tiers de l'humanité riche et deux tiers proches de la misère ; former de véritables sociétés politiques (nations en Afrique et en Asie, violences liées à cette formation) ; apaiser le conflit idéologique entre États-Unis et URSS. Il juge « grossière » l'idée que la convergence de l'organisation du travail entraînerait une société identique, et pense que le conflit idéologique repose sur des idées fausses (le marxisme affirmait que l'industrie plus la propriété privée mène à la misère, l'Occident répondait que l'industrie plus le soviétisme y mène) ; l'industrie, quel que soit le régime, produit un certain embourgeoisement. Il ne se risque pas à prévoir les délais.
L'arme nucléaire, « notre meilleure chance ». Pour lui, la Première Guerre mondiale ressemble aux guerres du passé (celle du Péloponnèse), la seconde à celles de la Révolution et de l'Empire, mais 1945 introduit une rupture : les armes de destruction massive. Il juge, quitte à scandaliser, que cette horreur est « notre meilleure chance » qu'il n'y ait pas de grande guerre, puisque la formule de Clausewitz (la guerre prolonge la politique) n'est plus vraie pour une guerre thermonucléaire, qui ne serait pas un instrument raisonnable ; par ailleurs la conquête, le pillage et l'asservissement sont devenus des moyens dérisoires de s'enrichir. Il doute des négociations sur l'interdiction des armes atomiques, qui comportent « une large part de comédie » faute de pouvoir localiser les stocks, et pense que l'humanité, devenue maître de son destin, est capable de se détruire mais ne le fera pas parce qu'elle est raisonnable. Son livre se termine sur un « acte de foi dans la raison humaine », avec un point d'interrogation.
Excerpts
“« je pense que cette horreur est notre meilleure chance qu'il n'y ait pas de grande guerre »”
“« il n'y a absolument pas besoin de conquérir pour enrichir les peuples »”
“« mon livre se termine sur un acte de foi dans la raison humaine »”