Hobsbawm, Eric
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Core ideas
Crise du communisme et du néolibéralisme. Hobsbawm rappelle qu'il a écrit que la crise des années 1970 était plus qu'une crise du communisme : après l'effondrement de l'URSS et le tournant de la Chine, c'est aussi le capitalisme néolibéral « à outrance », sans précédent, qui a fait faillite. Le XXe siècle a divisé le monde en deux alternatives (socialisme à économie centralement planifiée contre capitalisme), ce qui n'était pas réaliste ; il faut commencer le XXIe siècle en reconnaissant des économies mixtes, mêlant public, privé et coopératif, et se demander quels projets sociaux elles servent.
La crise financière de 2008-2009. C'est « la plus grande crise depuis les années 30 », qui rend impossible le retour à l'état antérieur ; elle est plus grave que celle des années 30 parce que la globalisation a beaucoup avancé. Contrairement à 1929, elle a commencé par l'effondrement des banques et non de la production. Il juge qu'aucun gouvernement ne sait quoi faire (« comme un aveugle avec des cannes »), qu'on ignore la sortie, et il craint des mouvements xénophobes et de droite en contrepoint, même si la comparaison avec Hitler, qui n'aurait pas pris le pouvoir sans la crise économique, ne se transpose pas directement.
La gauche et l'Europe. La gauche va mal en Europe : la globalisation affaiblit l'État national, base du projet social-démocrate, ce que montre l'expérience Mitterrand de 1981 ; elle a fait le pari de la croissance capitaliste. La gauche reste vivante en Amérique latine (Brésil), il y a eu un virage à gauche aux États-Unis. L'Europe s'est construite grâce à un « déficit démocratique » (des fonctionnaires, une jurisprudence européenne), mais l'élargissement à 27 pour des raisons politiques de guerre froide l'a rendue plus difficile ; c'est une force globale en économie, absente militairement et politiquement.
Terrorisme, empire américain, droits de l'homme. Il estime que le terrorisme est un problème de police internationale plutôt que de guerre, lié à la société médiatique (la « propagande par l'acte ») ; le danger a été gonflé par Bush, au service d'un projet d'« empire global unilatéral » qui a échoué mais laisse un héritage dangereux. Il critique « l'impérialisme des droits humains » (Kouchner, Ignatieff), même sincère, car il est lié au sentiment de supériorité de l'Occident. Il raconte enfin que les services britanniques gardent des fiches sur les communistes et refusent d'en admettre l'existence.
Excerpts
“« c'est la plus grande crise depuis les années 30 c'est une de ces crises à qui transforme la situation qui rend impossible le retour au précédent »”
“« c'est un problème policiers policiers international et globale plutôt qu'un bain un problème militaire à grande envergure »”
“« la gauche va mal en europe »”