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Podcasts/Artesquieu/[Not Set]

[Not Set]

Compilation - compilation sonore de plus de deux heures des enregistrements magnétiques de Guy Debord (1952-1961), mêlant la voix de Debord, des lectures par des comédiens (dont un extrait annoncé comme interprété par Georges Mélanoff), des voix de lettristes et de situationnistes, des fragments de poèmes, des extraits de presse, des chansons et des bruits ; les voix ne sont pas identifiées dans la transcription par modèle de langage

Guy Debord - Les enregistrements magnétiques (1952-1961)

Artesquieu · Nov 30, 2023 · partial coverage

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Coverage note: full (environ 2 h 06 ; transcription par modèle de langage de matériel de collage très hétérogène : poèmes dits à plusieurs voix, séquences en partie inaudibles, bruitages, chansons ; les passages incertains sont omis ou hédgés)

Core ideas

Les environs de Fresnes : une anti-émission lettriste. La compilation s'ouvre sur Les environs de Fresnes (enregistré en avril 1952 et mars 1953), « document pour une propagande terroriste » dédié à Serge Berna alors détenu : un collage de phrases (« on peut dire n'importe quoi ou dormir », « bien sûr les auditeurs n'existent pas, c'est une illusion collective comme Dieu quand il était à la mode »), de poèmes dits à plusieurs voix, d'une lettre d'insultes au critique Robert Chazal, laudateur de Chaplin, de la préface du film Hurlements en faveur de Sade (1952), d'une « fiche de police métaphysique » de Berna et de fragments sonores (le repas sans sucre des lettristes au Festival de Cannes, onomatopées, consonnes « qui pètent sourdement ») parodiant les manifestes. La radio y est détournée : « le nouvel art radiophonique sera fondé premièrement sur le parasite ».

Manifeste de février 1953 et faits divers. Le Manifeste pour l'Internationale lettriste annonce que « la condition humaine ne nous plaît pas », que les lettristes ont congédié Isou « qui croyait à l'utilité de laisser des traces », que « tout ce qui maintient quelque chose contribue au travail de la police » et que la société se divise « en lettristes et en indicateurs, dont André Breton est le plus notoire » ; il refuse la discussion et revendique la passion ou la terreur comme fondement des rapports humains, signé par Debord, Berna, Brau, Wolman, Mension et d'autres. Un fait divers détourné (arrestation d'un groupe de jeunes cosmopolites fumant de la marijuana à Saint-Germain-des-Prés, mars 1953) illustre la répression du milieu.

Chronologie de l'Internationale lettriste (1952-1956). Un chronologue égrène exclusions, scandales et expériences : interruption de Hurlements en faveur de Sade au ciné-club après dix minutes, tract « Finis les pieds plats » contre Chaplin, exclusion d'Isou et de Lemaître, revue Internationale lettriste puis Potlatch, premières dérives (1953-54), exploration de la rue Sauvage, adhésions (Dahou, Trocchi, Straram), exclusions d'un grand nombre de membres (Berna, Brau, Gil Ivain), palais du Facteur Cheval et désert de Retz (1955), « Introduction à une critique de la géographie urbaine », « Mode d'emploi du détournement » et « Théorie de la dérive » (1956), mot d'ordre d'« urbanisme unitaire » au Congrès d'Alba.

Dérive, psychogéographie, urbanisme unitaire. Le texte de la Théorie de la dérive (« une seule entreprise nous paraît digne de considération : la mise au point d'un divertissement intégral », « la construction des situations sera la réalisation continue d'un grand jeu ») définit la dérive comme « technique du déplacement sans but » fondée sur l'influence du décor, et la psychogéographie comme l'étude des effets du milieu sur le comportement affectif (Piranèse, Claude Lorrain, le Facteur Cheval, Cravan, Vaché, Louis II de Bavière, Jack l'Éventreur, Saint-Just). S'y ajoutent une diatribe contre Le Corbusier (« ghettos à la verticale », « Le Corbusier-Sing-Sing »), la « théorie des quartiers » de Gilles Ivain (quartier sinistre), la déclaration du 5 mai 1954 (« édicter une autre condition humaine ») et les propositions pour Paris (procès-verbal du 26 septembre 1955) : garder les gares telles quelles et en fausser les indications, supprimer les cimetières, répartir les chefs-d'œuvre dans les bars, détruire les statues, quatre solutions pour les églises (Debord, Wolman, Bernstein, Fillon). Des appels politiques (« En attendant la fermeture des églises », « Leur faire avaler leur chewing-gum » à propos du Guatemala) montrent la dimension agitatrice du groupe.

Détournement et critique de l'avant-garde. Un long texte théorise le détournement : l'héritage littéraire et artistique doit être utilisé à des fins de propagande partisane, tout élément pris n'importe où peut être rapproché d'un autre et son sens changé, au-delà du scandale (« les moustaches de la Joconde ne présentent aucun caractère plus intéressant que la première version »), jusqu'à un « stade parodique sérieux » indifférent à l'original. Debord y dénonce aussi le formalisme (le lettrisme comme « dadaïsme en positif »), l'abstraction, la crise du lettrisme de 1952 (tract contre Chaplin) et affirme que le groupe n'est « pas une école littéraire » mais « une manière de vivre ». Une intervention enregistrée (offerte par le Cercle ouvert) juge le surréalisme « parfaitement ennuyeux et réactionnaire » à force de surestimer l'inconscient, et situe le dadaïsme comme fin de la culture bourgeoise.

Situation construite, jeu et urbanisme unitaire (1956-1959). Un enregistrement du 6 décembre 1956 à la permanence lettriste, puis un message de l'Internationale situationniste de 1959, développent la « situation construite » : le principe du spectacle, c'est la non-intervention ; il faut briser l'identification du spectateur au héros, remplacer les acteurs par des « viveurs », faire de l'art « une organisation directe de sensations supérieures ». L'urbanisme unitaire emploie l'ensemble des arts et techniques pour une composition intégrale du milieu. Le jeu doit supprimer la compétition et fusionner avec la vie (citations de Huizinga). L'IS se définit comme une « union des travailleurs d'un secteur avancé de la culture » et une « organisation de révolutionnaires professionnels dans la culture ».

Critique de la vie quotidienne (conférence enregistrée, sans doute la fin de la période couverte). La compilation se termine sur une longue intervention enregistrée au magnétophone (prise à partie d'un groupe de recherche sur la vie quotidienne, avec référence à Henri Lefebvre), qui est la pièce la plus théorique : étudier la vie quotidienne n'a de sens que pour la transformer ; la sociologie la rejette « ailleurs, chez les autres » ; la vie quotidienne est au centre de tout, « la mesure de tout » ; c'est un « secteur colonisé » (par analogie avec le sous-développement), « domaine de la séparation et du spectacle », où l'on est atomisé en consommateurs, et sa critique recouvre l'enjeu de toute renaissance révolutionnaire. Il critique la morale du « temps perdu » du capitalisme moderne (le temps de travail devient perdu, justifié par le gain qui achète des loisirs, passivité quotidienne fabriquée), se moque de « la petite voiture à l'assaut du socialisme » (France-Observateur) et conclut que la prochaine tentative de contestation totale du capitalisme devra inventer un nouvel emploi de la vie quotidienne et renoncer à « tous les sous-produits de l'éternité » (le spectacle, le mot historique, la grandeur des dirigeants, l'immortalité de l'art) ; ni une avant-garde culturelle ni un parti traditionnel n'y suffisent : il faut une organisation révolutionnaire d'un type nouveau.

Excerpts

“« Pour tout dire, la condition humaine ne nous plaît pas. Nous avons congédié Isou qui croyait à l'utilité de laisser des traces. Tout ce qui maintient quelque chose contribue au travail de la police, car nous savons que toutes les idées ou les conduites qui existent déjà sont insuffisantes. La société actuelle se divise donc seulement en lettristes et en indicateurs, dont André Breton est le plus notoire. »”

“« Une seule entreprise nous paraît digne de considération : c'est la mise au point d'un divertissement intégral. L'aventurier est celui qui fait arriver les aventures, plus que celui à qui les aventures arrivent. »”

“« Mais si l'on recourt à l'image facile d'une représentation spatiale des activités, il faut encore placer la vie quotidienne au centre de tout. Chaque projet en part et chaque réalisation revient y prendre sa véritable signification. La vie quotidienne est la mesure de tout, de l'accomplissement ou plutôt du non-accomplissement des relations humaines, de l'emploi du temps vécu, des recherches de l'art, de la politique révolutionnaire. »”