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Dalí, Salvador

peintre

Salvador Dali - Entretiens (1950-51)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (transcription automatique par endroits déformée, surtout vers la fin où un passage annoncé en reportage est quasi inintelligible ; les passages incertains sont omis ou rapportés avec prudence)

Core ideas

Dalí refuse l'étiquette de « peintre surréaliste » : avec André Breton, il se dit « ex-surréaliste » et affirme que les deux choses les plus « subversives » et inéluctables qui puissent arriver à un ex-surréaliste sont de devenir mystique et de savoir peindre. Il explique que la technique n'occupait les surréalistes que « très secondairement », puisqu'il s'agissait d'enregistrer des images venues de l'inspiration (méthode paranoïaque-critique ou automatisme), et que lui-même n'a appris à peindre « suivant les instructions » qu'en rédigeant un livre sur la technique de la peinture à l'huile pour un éditeur américain. Il décrit une crise mystique actuelle qu'il croit inscrite dans l'évolution du surréalisme (il évoque l'héritage de la dialectique hégélienne et du matérialisme) et la présente comme cohérente avec les progrès de la physique nucléaire : la science moderne, dit-il, montre la dématérialisation de la matière et « Dieu », à la différence de la science du XIXe siècle qui en faisait un scientisme incroyant (il cite Einstein s'occupant de métaphysique). Il reproche à Breton de n'avoir pas de sensibilité picturale (une visite au Louvre où celui-ci n'était sensible qu'à un certain mystère des images) et de considérer la peinture comme un simple moyen d'expression ; il dit chercher à intégrer toute son expérience surréaliste dans la tradition de la mystique espagnole (Thérèse d'Ávila, Jean de la Croix) ; il se déclare sans position politique mais, « philosophiquement », monarchiste.

Sur la notion de scandale, il dit que toute la peinture moderne a un côté « hygiénique » mais destructeur ; il cite une carte postale à Picasso (« tu as assassiné la peinture académique, mais aussi toute la peinture moderne, donc on pourra de nouveau peindre comme Raphaël et Vélasquez ») et que le véritable scandale aujourd'hui est d'être mystique et de savoir faire ; une conférence récente à Barcelone aurait fait six blessés. Il juge la peinture abstraite proche de l'art décoratif (tapis persans, céramique), la nouvelle « académisme » contre lequel les jeunes peintres se retourneront, et prédit une renaissance d'une peinture réaliste et mystique qui intégrerait l'expérience surréaliste, cubiste, futuriste et impressionniste. À propos de la musique, il estime qu'elle n'exprime que des états émotionnels, d'où l'absence de « musique socialiste » ; il dit que les dessins de fous sont des documents précieux pour comprendre l'inspiration mais sans valeur artistique. Dans le reportage final, il présente son manifeste mystique comme une « dette envers Paris » (qui lui a ouvert un crédit de confiance douze ans plus tôt), évoque ses toiles à titres étranges (« un tourbillon de brouettes se contorsionnant en forme d'église »), la place du rêve (rêves provoqués par certains repas, un projet de verres de contact colorés pour rêver en couleurs) et conclut en citant son remerciement à Picasso pour avoir « tué la laideur de la peinture moderne », avant d'annoncer l'ère de la peinture mystique « qui commence avec moi ».

Excerpts

“« L'une des choses les plus subversives et en même temps les plus inéluctables qui puissent arriver à un peintre ex-surréaliste, c'est premièrement de devenir mystique, et deuxièmement de savoir peindre. »”

“« La peinture abstraite a existé depuis toujours : on l'appelait peinture décorative. Aussitôt que la peinture cesse de représenter des choses concrètes, elle devient décorative. »”

“« La physique nucléaire nous montre un processus de dématérialisation constant de la matière. [...] Il y a un processus de spiritualisation, dans le sens que la matière est en train d'échapper à l'emprise scientiste. »”