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Handke, Peter

écrivain autrichien né en 1942, installé à Chaville près de Paris depuis plus de vingt ans, auteur de « Outrage au public », « La Chevauchée sur le lac de Constance », « L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty », « La Femme gauchère », « La Leçon de la Sainte-Victoire », « Histoire d'enfants », « Don Juan (raconté par lui-même

Peter Handke : Entretiens (A Voix nue)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (une série d'environ quatre heures ; transcription automatique très déformée, surtout dans les propos de Handke, qui s'exprime en français approximatif, ainsi que dans les titres, les noms propres et plusieurs enchaînements ; seuls les propos intelligibles sont rapportés, avec prudence)

Core ideas

Pays, langue et appartenance (épisode 1). Handke, né en Autriche dans un milieu de petits paysans, d'une mère d'origine slovène, ayant vécu enfant à Berlin pendant la guerre avant de revenir en Autriche en 1948, parle de son rapport ambivalent à l'Autriche, à partir de la pièce où une vieille femme dit au héros de retour que son pays est « aussi petit que méchant » : colère et tendresse se mêlent (« je suis patriote seulement quand quelqu'un est contre »), sans être nationaliste, et il se distingue de Thomas Bernhard dont il ne partage pas la manière de pester. Il dit aimer la langue allemande, « musicale » et complexe, qu'il juge menacée par le mysticisme, et décrit une identité de « bâtard » sans terre ferme, ni vraiment autrichien ni vraiment français après plus de vingt ans en banlieue parisienne. Ses études de droit (il rêvait de défendre des criminels) lui ont donné un goût de la précision, mais il ne se voit pas avocat : « je serais trop en colère ».

Du premier livre au théâtre (épisode 2). Son premier livre est accepté quand il a 23 ans, à Graz ; il vient au théâtre par sa femme, actrice. Il évoque Outrage au public, où il dit avoir voulu « rendre attentif » plutôt que révolutionner, par mégalomanie de jeunesse et libération par la musique des Beatles et des Rolling Stones. Il préfère, en théâtre, les pièces qui « dévient » aux pièces démonstratives (il estime qu'on ne doit plus être didactique comme Brecht), cite Ionesco, Shakespeare, Kleist, et raconte que Caspar est la seule de ses pièces à s'être rencontrée exactement avec l'esprit du temps, alors que La Chevauchée sur le lac de Constance, jouée en France par Depardieu, Sami Frey, Michael Lonsdale, Jeanne Moreau et Delphine Seyrig, a été reçue dans un climat très politisé. Il affirme que « l'actualité ne vaut rien » comme critère de vérité d'une œuvre, lit la salle de théâtre comme un lieu de contact et dit respecter les acteurs.

Désir, femmes, enfants, épopée (épisodes 3 et 4). L'entretien sur l'amour porte sur « Les Beaux Jours d'Aranjuez » (un dialogue entre homme et femme, où la femme évoque son désir et le désir de vengeance de certaines femmes, que Handke dit avoir imaginé plutôt qu'observé), sur Don Juan (raconté par lui-même) (un séducteur « fraternel » dont le regard éveille le désir des femmes), sur l'enfance dans Histoire d'enfants (la solitude, le désir terrible de tuer l'enfant, l'enfant qui marche seul dans un parc), et sur Marguerite Duras, qu'il trouve trop « magicienne ». Il dit chercher une écriture épique, héritée de Chrétien de Troyes, de Cervantès et d'Anton Tchekhov (la steppe), sans ironie ; il décrit un livre volumineux où une femme cherche son enfant perdu en Espagne alors qu'il était tout près d'elle. Il refuse les portraits « à la Balzac » et préfère, comme Cézanne, un simple contour des personnages ; il se bat contre son propre rythme, « trop hypnotisant », déteste la virtuosité et les styles.

Marche, fatigue, journée réussie, grâce (épisode 5). Handke relie son écriture à la marche : à trente ans, menacé par des problèmes de cœur, il traverse l'Autriche à pied pendant deux semaines et y trouve la dignité des gens de la campagne (qu'il rapproche de celle des livres de Stifter, selon le transcript) et une « délivrance » ; il raconte s'être perdu une nuit dans la sierra de Gredos, et dit préférer les chemins non balisés aux chemins de pèlerinage trop aménagés. Ses essais courts (« sur la fatigue », « sur la journée réussie », sur le juke-box, sur l'endroit tranquille) partent d'un « problème » qu'il contourne par la narration et des questions adressées au lecteur ; il admet avoir un problème avec le temps et se répéter de plus en plus, ce qu'il accepte comme un « progrès ». Il dit n'écrire que par moments de « grâce », rares, lorsqu'il retrouve une « prière narrative » (« la prière de la reconnaissance »), n'être pas en train de travailler au moment de l'entretien, et ne pas envisager de retraite d'écrivain.

Excerpts

“« Je ne veux rien révolutionner, je veux seulement rendre attentif. »”

“« Si c'est tout ce qu'on peut dire d'un roman, qu'il est resté actuel, ça ne vaut rien. »”

“« Je déteste la virtuosité, je déteste les styles. »”