Michon, Pierre
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Core ideas
Une machine à remonter le temps. Michon décrit sa méthode pour écrire sur des peintres (Goya, Watteau, Piero della Francesca, Van Gogh) en passant par le regard de petites gens qui les ont croisés (modèle, élève, facteur). Premier temps : une documentation sérieuse, en particulier des textes de mémorialistes, de gens simples qui ont vu leur époque avec son vocabulaire et décrit ses techniques. Second temps : une « sympathie » au sens fort, une entrée dans le tableau comme si le verbe des personnages y était prisonnier, un essai d'histoire qui tient aussi du « coup de poker » personnel (une option imposée par ses premières phrases).
Maîtres et serviteurs. Le peintre est celui qui a « tué le père », intégré la leçon de son maître et devient maître à son tour, mais tous deux sont dans la main de quelque chose qui est plus fort, comme Dieu ou l'esprit de l'art : tout artiste est donc à la fois maître et serviteur. Michon dit ne pas opposer minuscules et génies : tous sont ramenés à l'aune du minuscule qui est le nôtre, et c'est du plus bas, non d'un état moyen d'humanité, que quelque chose s'élève, comme si le plus haut en l'homme devait racheter ce qui est très bas.
Choix des peintres, envie du littérateur. Il choisit Watteau pour la dialectique entre la chair et l'art (un peintre resserré, du XVIIIe siècle de Sade, plutôt que Rubens) et un peintre italien parce que l'Italie a « inventé » la peinture ; Van Gogh est un Flamand tardif. Le littérateur envie le peintre, qui reste un artisan, mais éprouve aussi une sorte de supériorité : c'est lui qui rend compte de la peinture et, avec Baudelaire ou Mallarmé, a fait passer des peintres comme Manet à la postérité.
Excerpts
“« tout artiste sans doute et est à la fois maître et serviteur »”
“« c'est certainement du plus bas du plus bas qui tout à coup s'élève »”