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Paul, Gen

peintre montmartrois, soixante-quinze ans, ami de Céline

Radioscopie : Gen Paul (1970)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, en argot, avec de très nombreuses erreurs de reconnaissance : plusieurs passages sont inintelligibles et les noms propres sont parfois douteux)

Core ideas

Le peintre et la modestie. Chancel s'installe, exceptionnellement, dans le logement de Gen Paul, au pied du Sacré-Cœur et du Moulin de la Galette. Gen Paul refuse l'étiquette de « Poulbot » (« ça ça me cavale »), dit qu'il n'a pas le sentiment d'être un grand peintre mais celui « d'exister » et de faire la preuve de lui-même ; plus il travaille, plus il s'aperçoit qu'il ne sait rien, et il mène « toujours [sa] vie d'étudiant ». Parmi ses admirations il cite Soutine et Goya ; il raconte avoir appris la peinture dans les musées, jeune, et dit n'avoir pas encore fait « sa Joconde ». Sur l'argent, il se dit peu concerné : il ne s'occupe guère de vendre, constate que la peinture est devenue une spéculation « comme du timbre », et s'amuse de toucher un demi pour cent sur les reventes publiques. Il admire Bernard Buffet (« ce mec-là a un grand talent ») et ne fréquente pas les autres peintres.

Montmartre, la guerre, les amis. Né rue Lepic, d'un père qui a rencontré sa mère au Moulin de la Galette, il décrit le quartier d'avant (bateau-lavoir, ouvriers couchés à huit heures, Utrillo et Valadon encore pauvres) et celui d'aujourd'hui envahi de touristes et de « marchands de soupe ». Il évoque avec détachement la guerre de 14, où il a passé un an et demi et dont il garde la jambe qu'on lui connaît, et la perte de presque tous ses copains d'enfance. Il raconte sa fréquentation du cirque Medrano, une anecdote sur Toulouse-Lautrec, ses amitiés avec Marcel Aymé et d'autres, sa fanfare de Montmartre, et surtout Céline : cité dans les livres de Céline, il dit avoir été « boycotté » dix ans comme peintre et avoir failli être fusillé à la Libération « au nom de Céline » ; c'est à Céline qu'il doit la seule influence qu'il avoue, un « massage chorégraphique » appris des danseuses.

La nuit, la liberté, la mort. Il vit à l'envers : levé vers neuf heures, il travaille de cinq heures du soir à deux ou trois heures du matin, dans le silence ; la nuit est « tout un monde », celui des fous, des poètes, des musiciens, des journalistes, des chauffeurs de taxi, par opposition au jour qui est « la logique ». Il tient à n'avoir ni patron ni « taulier » : la liberté est son seul bien. Il dit penser à la mort tous les jours, avoir connu jusqu'à cinquante-trois ans une angoisse du néant que sa mère calmait, se considérer comme « un éphémère », et ne vouloir de tombe qu'avec ces mots : « un mort, c'est discret et ça dort au frais ». Il n'aime pas la campagne, préfère le macadam et la rue, tient la curiosité pour « la meilleure qualité de l'homme », dit aimer ce qui est beau, la nature et les hommes, et que « les amis c'est indispensable, les objets c'est inutile ».

Les femmes, la jeunesse, la politique. Gen Paul dit aimer les jeunes femmes minces et bien faites, refuse les grosses, estime qu'on ne peut plus dessiner une femme au-delà d'un certain âge, raconte un traumatisme d'adolescent avec l'amie de sa mère, et parle de ses modèles, dont de très jeunes danseuses pendant l'Occupation. Sur la jeunesse contestataire, il la compare à des « jeunes chiens » qui jouent aux revendicateurs comme la sienne jouait aux « julots », sans malice mais sans y croire ; il dit n'être ni de gauche ni de droite mais anarchiste, non possessif, méfiant envers tous ceux qui veulent être ministre ou chef de parti. Il ajoute ne jamais se sentir seul, ayant « toujours une bonne pensée », et conclut sur l'idée qu'il faut faire son métier « comme l'abeille qui fait son miel ».

Excerpts

“« plus je travaille puis je m'aperçois que je sais rien alors si bien que maintenant je mène toujours ma vie d'étudiant »”

“« la nuit c'est tout un monde la nuit c'est des fous »”

“« la liberté c'est tout pour moi »”

“« je crois que la meilleure qualité de l'homme c'est la curiosité »”