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Žižek, Slavoj

philosophe et psychanalyste slovène, auteur d'Après la tragédie, la farce !, Flammarion

(Vidéo) Slavoj Zizek - Interview (Les matins)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ 14 minutes ; sous-titres YouTube automatiques parfois déformés, notamment pour les noms propres ; les passages douteux sont omis)

Core ideas

Hommage à Daniel Bensaïd. L'entretien s'ouvre sur la mort de Daniel Bensaïd, figure du trotskisme français. Žižek cite sa phrase (« nous, marxistes, nous avons eu tort, mais nous avons eu raison d'avoir tort ») qu'il lit à la manière léniniste : on n'arrive à la vérité que par des détours, la vérité se constitue à travers l'acte. Il souligne l'attachement de Bensaïd à la grande culture française (Jeanne d'Arc, Pascal) et en tire un principe : pour être vraiment révolutionnaire, il faut rester un peu conservateur, regarder le monde nouveau depuis le passé (comme ceux qui ont résisté au passage au cinéma sonore).

Provoquer le lecteur. Il avoue user d'une stratégie rhétorique provocatrice (confisquer le livre aux lecteurs qui pensent que le retour du communisme est une farce) et d'une pensée « à rebrousse-poil », la vraie pensée allant contre la pensée spontanée ; il évoque sa formule sur Hitler « pas assez violent », qu'il explique par la violence réactive contre la violence transformatrice, à la manière de Gandhi.

Tragédie et farce. Il rappelle la formule de Marx sur l'histoire qui se répète en tragédie puis en farce, complétée par Marcuse : la farce peut être plus terrible que la tragédie. Exemple : les seuls bons films sur l'Holocauste sont des comédies (Chaplin, Benigni) parce que la tragédie suppose une certaine dignité de la victime. Politiquement, le 11 septembre est la tragédie (la démocratie libérale occidentale n'est pas une formule universelle) et la crise financière la farce (limites du libéralisme pur) : l'utopie libérale des années 1990 (Fukuyama) a été tuée deux fois.

Idéologie contemporaine et capitalisme. L'idéologie fonctionne même quand on n'y croit pas : l'exemple du film Kung Fu Panda, qui se moque de l'orientalisme officiel tout en le reconduisant, et l'anecdote attribuée à Niels Bohr (qui garde un fer à cheval « parce qu'on m'a dit que ça marche même si on n'y croit pas »). Žižek admet que le capitalisme est le système le plus productif de l'histoire, offrant un niveau de vie et de libertés sans précédent en Europe, mais estime que cela ne peut pas durer et qu'on approche de la fin ; il note que le libéralisme est attaqué alors que la politique économique américaine repose sur des interventions brutales contraires à ses principes de libre marché, et que la crise sera sans doute utilisée comme thérapie de choc (Naomi Klein). Il pense que le prochain régime pourrait être un capitalisme autoritaire « entre la Chine d'aujourd'hui et l'Italie de Berlusconi ».

Excerpts

“« pour être vraiment révolutionnaire on doit de rester un peu conservateur pour voir ce qui se passe de nouveau dans le monde »”

“« la tragédie c'est le onze de septembre la comédie c'est la crise des finances »”

“« ce qui m'a toujours frappé c'est qu'on attaque le libéralisme mais où est le libéralisme si on regarde de près la politique économique des états unis ce sont des interventions très brutal à l'encontre de ses propres principes de libre marché »”