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Cornu, Philippe

tibétologue, spécialiste du bouddhisme vajrayana, enseignant à l'Université catholique de Louvain, auteur du Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme et traducteur du Livre des morts tibétain

(Vidéo) Philippe Cornu - Entretien : Espérer ensemble (retour bouddhiste sur le premier confinement)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quinze minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation)

Core ideas

Le confinement comme « bardo ». Dans la tradition tibétaine, le bardo est un état intermédiaire entre deux ruptures, avec son propre espace-temps et son propre état d'esprit (il y a le bardo du rêve, celui de la mort, etc.). Cornu juge légitime d'appeler « bardo » la période du confinement : un changement profond de mode de vie et d'esprit, avec perte des repères et des routines. Le vécu dépend de l'état d'esprit : très éprouvant si l'on est tourné vers l'extérieur et ses distractions, paisible et profond si l'on s'intériorise. Pour lui, il s'est agi d'un temps de semi-retraite.

Émotions, espoir et liberté intérieure. La liberté n'est pas de faire ce qu'on veut mais une attitude intérieure. L'espoir n'est pas un mot privilégié dans le bouddhisme, car il est l'opposé de la crainte : tous deux relèvent de l'émotion ; il n'y aura d'espoir que si l'on se transforme véritablement. Il enseigne de regarder ses pensées et ses émotions sans « épouser leur cause » : elles sont comme des vendeurs qui ont toujours quelque chose à vous vendre et n'ont de pouvoir que si on le leur accorde ; une pensée est comme une vague qui se dissout dans l'océan de l'esprit, mais si on la suit, elle crée des conditionnements qui forment le futur (« nous sommes des êtres d'habitude »).

Interdépendance et responsabilité. La distanciation physique (non sociale) est une façon de prendre soin des autres, puisque chacun peut être porteur du virus : un changement d'attitude (ne pas la vivre comme une privation égoïste). La crise révèle l'interdépendance, personnelle (effets en cascade), économique, écologique (la planète respire, les animaux reviennent), et temporelle (préparer à l'avance). Il rappelle que l'Asie portait déjà des masques en saison de grippe. La visioconférence supplée sans remplacer la présence, et la crise peut permettre de prendre conscience de l'illusion d'une société « de spectacle », du « tout tout de suite » ; le mot de la fin est la patience.

Excerpts

“« l'espoir n'est pas un mot véritablement privilégiée dans le bouddhisme parce que l'espoir c'est l'opposé de la crainte »”

“« une pensée une émotion ne prend de pouvoir sur nous que si on lui accorde ce pouvoir »”

“« nous sommes des êtres d'habitude il faut pas l'oublier »”