Baudrillard, Jean
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Core ideas
Baudrillard présente les « mots de passe » comme des opérateurs presque magiques. Ils font passer les idées et passent les uns dans les autres par métaphores successives, si bien que « le langage pense pour vous » au moins autant qu'on le maîtrise. Le premier de ces mots est l'objet, qui fut son horizon dès les années 1960, quand on passait d'une société de production à une société de consommation. L'objet ne l'intéressait ni comme technique ni comme concept philosophique, mais comme élément d'un système de signes : les objets « se disent » des choses entre eux et échappent vite à leur valeur d'usage. Héritier de La Nausée, il prête à l'objet une passion, une autonomie, presque une capacité de vengeance contre le sujet qui croit le maîtriser. Leur prolifération, d'abord médiation, finit par faire obstacle à la relation.
La séduction n'est pas pour lui la manipulation vulgaire (« le pouvoir séduit les masses ») mais l'art de détourner les êtres de leur identité et de leur vérité pour les vouer au jeu des apparences. Il l'oppose à la « libération sexuelle », qu'il juge productiviste comme toute libération d'énergie. Le féminin y apparaît comme la transversalité qui déjoue l'identité sexuelle, et la séduction comme une puissance symbolique supérieure au pouvoir de la production. À la valeur et à l'équivalence, il oppose l'échange symbolique, inspiré de l'anthropologie (potlatch, sacrifice, jeu) : des choses circulent sans prix et la réversibilité de la vie et de la mort, du bien et du mal, de l'humain et de l'animal empêche toute transcendance de la valeur. Il en vient à l'« échange impossible ». À l'intérieur d'un système tout s'échange, mais le système lui-même, l'économie ou le monde pris dans sa globalité, ne s'échange contre rien. Cette limite le hante et le dérègle, tandis que le numérique invente un équivalent général plus abstrait que l'argent. Il en tire un principe d'incertitude : on ne peut jamais tenir ensemble une chose et sa valeur.
L'obscène est pour Baudrillard la disparition de la scène, donc du regard, de la distance et du jeu : la pornographie, mais aussi l'information totale et la promiscuité médiatique, dont le détail des frasques de Clinton offre l'exemple. Ce n'est pas l'aliénation par séparation, comme chez Debord, qui nous menace, mais une proximité excessive et virale. Le réel n'a jamais été pour lui qu'une première forme de simulation. Le virtuel est l'hyperréel, « plus réel que le réel », parfaitement calculable et contrôlable, et constitue peut-être un mode de disparition volontaire de l'espèce humaine, qui se clonerait dans un univers artificiel. Il défend le secret contre la transparence : ce qui ne peut plus se partager dans le secret devient occulte et maléfique. L'énergie, selon lui, vient du mal, du négatif et de la dualité, tandis que le « bien » est l'unification totale du monde. Il prend pour exemples des juges qui, en purifiant la classe politique, la relégitiment, la « fonction vitale » de la corruption, et Mandeville.
Il refuse l'idée de Fukuyama selon laquelle l'histoire serait finie : elle n'a plus de fin, c'est-à-dire plus de finalité, et se poursuit par inertie, comme les processus qui ont dépassé leur masse critique. En cherchant à abolir la mort et la vieillesse, on produit une immortalité de clone. Le « crime parfait » est l'extermination de l'illusion du monde par sa vérification intégrale, ce qu'il illustre par la parabole des moines tibétains dont l'ordinateur achève de dénombrer les neuf milliards de noms de Dieu : les étoiles s'éteignent alors une à une. Contre la destination, il défend le destin, figure de la réversibilité, dont témoignent le rendez-vous à Samarcande, la mort de Diana au sommet de sa gloire et la « prédestination » des mots dans le poème. Il en appelle à une pensée paradoxale, qui part du mal et de l'incertitude. Une pensée du destin, où « le monde nous pense » autant que nous le pensons, devrait renoncer à la vérité pour devenir mise en jeu, art de faire disparaître et illusion jouant avec l'illusion.
Excerpts
Baudrillard décrit les mots comme des passeurs d'idées :
“les mots ont vraiment sont porteurs d idées plus peut-être que l'averse espèces d'opérateurs de charme comme ça d'opérateurs le magic qui qui passent les uns dans les autres non seulement ils font passer les idées où ils ont passé le les choses mais ils passent les uns dans les autres [...] les métaphores successives font qu'une idée les d'autre chose qu'une idée à mon avis ça devient une forme de pensée [...] et le langage à ce moment là pensent langage vous pensent langage pense pour vous au moins autant que vous le maîtriser”
Sur l'obscénité comme disparition de la scène :
“s'il ya une scène ya un regard il ya donc une wii une altérité ya un regard ya une distance hélas ce moment là il ya quand même un jeu [...] c'est lorsqu'il y en ait dans l'obscénité ça veut dire il n'ya plus de scènes [...] l'obscénité au fond la définition ce serait le devenir réelle absolument réels d'une chose qui n'est qui jusque là était métaphorique”
La parabole du crime parfait :
“l'aventure des moines du tibet qui sont en train de déchiffrer tous les noms de lieux de 9 milliards de nom de dieu [...] et les légendes ibm arrive avec leur ordinateur et eux en un mois ils ont achevé tout le travail or la prophétie des moines disait qu'une fois achevée cette comptabilité du monde et non de dieu le monde prendrait fin [...] quand ils descendent de la montagne une fois le travail achevé y voir les étapes les étoiles s'éteindre une à une au firmament”