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Lévi-Strauss, Claude

anthropologue, 1908-2009, auteur des Mythologiques

(Vidéo) Claude Lévi Strauss - Interview pour Archives du XXème siècle (1972)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-huit minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Pourquoi les mythes ? Lévi-Strauss se demande pourquoi, depuis des centaines de millénaires, les hommes aiment à répéter des histoires sans queue ni tête. Il compare pensée mythique et pensée scientifique : toutes deux cherchent à expliquer, mais la science explique « coup par coup » (physique, biologique, psychologique), alors que le mythe cherche à expliquer « tout à la fois », dégageant un schème d'articulation entre le monde (ciel, plantes, animaux, climat) et l'ordre social. Les mythes sont des œuvres collectives, devenues telles à force d'être répétés, remaniés, supprimés sans pensée consciente : un domaine privilégié pour saisir la pensée inconsciente dans son fonctionnement.

Le fil des Mythologiques. Il retrace l'ouvrage : le point de départ est l'opposition du cru et du cuit, qui chez les Indiens sud-américains marque le passage de la nature à la culture (conquête du feu de cuisine) ; le deuxième volume (Du miel aux cendres) traite de ce qui est « plus que cru » (le miel sauvage) et « plus que cuit » (le tabac), puis l'enquête s'élargit à l'Amérique du Nord (L'Origine des manières de table, où les femmes représentent la nature, les hommes la culture), pour revenir dans les versions nord-américaines à la conquête du feu, enjeu d'une guerre cosmique entre terre et ciel. La musique n'est pas une métaphore : la forme musicale occidentale (XVIe-XIXe siècles) a repris, sans le savoir, les formes de la mythologie mourante quand le roman a pris sa place, d'où le choix d'une structure musicale pour l'ouvrage. Il dit étudier les mythes comme de très beaux objets, espérant comprendre pourquoi nous les trouvons beaux.

Le structuralisme est-il antihumaniste ? À moitié vrai, répond-il. Sur le plan épistémologique, adopter un point de vue qui dissout le sujet est légitime, comme choisir un grossissement : la goutte d'eau est un objet réel à l'œil nu, mais se transforme sous microscope. Sur le plan moral, un ethnologue ne peut qu'être frappé par la destruction systématique des cultures différentes depuis la découverte de l'Amérique, comme des espèces animales et végétales, au nom d'un humanisme « outrancier » issu de la Renaissance qui fait de l'homme le seigneur de la création et le définit comme être pensant plutôt que comme être vivant, plaçant les remparts trop près de la place forte et ouvrant la voie aux camps et aux guerres d'extermination.

Un siècle inconfortable. Il se dit mal à l'aise dans son siècle (surpopulation, consommation boulimique des richesses matérielles et intellectuelles, besoin d'un « musée imaginaire ») et pense que les grandes époques créatrices ont été celles d'un équilibre entre communication et non-communication : un monde où les lettres mettaient plusieurs semaines à arriver était peut-être mieux équilibré, même s'il juge cela subjectif.

Excerpts

“« le mythe est un type d'explication qui cherche à expliquer tout à la fois »”

“« définit l'homme de façon beaucoup trop étroite il définit comme être pensant au lieu de le définir comme un être vivant »”