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Aron, Raymond

philosophe, sociologue et journaliste, 1905-1983

(Vidéo) Raymond Aron - Interview (L'Homme en question)

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Vocation et hasard. Aron dit se demander la part de nécessité et de hasard dans sa vie. Premier moment de vocation : à seize ans, en classe de philosophie, il décide de consacrer sa vie à la spéculation philosophique, passe par l'École normale et l'agrégation, mais en sort souffrant d'un « mal de vivre » parce que Brunschvicg, le philosophe qui l'a le plus influencé, l'a convaincu que la métaphysique était devenue impossible. Deuxième décision : passer à la réflexion sur les sociétés et la politique.

L'Allemagne de 1930-1933 : spectateur engagé. Son séjour en Allemagne est décisif : il y conçoit son « projet existentiel », être à la fois spectateur et engagé dans l'histoire en train de se faire. Il lit Le Capital en 1931 et décide de soumettre ses opinions politiques à la critique, ce qui fait de lui un lecteur scientifique de Marx. Assistant à l'arrivée au pouvoir de Hitler, il est à la fois terrifié et fasciné ; le contact avec les étudiants nationalistes allemands lui donne « l'altérité » (comme Lévi-Strauss a découvert l'autre dans les sociétés archaïques, lui l'a découvert dans la société moderne) et le guérit de l'« idéalisme universitaire » : la politique est tragique.

Politique de la raison et politique de l'entendement. Dans Introduction à la philosophie de l'histoire, il oppose la « politique de la raison » du marxiste, qui prétend connaître tout le déroulement de l'histoire, et la « politique de l'entendement », qui reconnaît les limites de son savoir et cherche, dans des conjonctures changeantes, à sauver les valeurs auxquelles il tient ; trente ans plus tard, les « conseillers du prince » s'opposent aux « confidents de la providence » (les marxistes). Il retient une exigence de critique responsable : demander au critique « que feriez-vous à la place du gouvernement ? ».

Journalisme, Sorbonne, grands auteurs, guerre. Journaliste par accident (La France libre à Londres, puis Le Figaro), il s'écarte dix ans de l'Université (1945-1955), à la limite de l'amertume, avant d'être élu à la Sorbonne en 1955, deux mois après L'Opium des intellectuels ; il était alors mis au ban de l'intelligentsia pour son antistalinisme passionné. Tocqueville, Max Weber et Clausewitz lui paraissent unis par une tristesse lucide ; il s'est intéressé à la guerre par honte que personne en France n'y réfléchisse et parce que l'arme nucléaire en fait un objet philosophique. Il ne sait si la rencontre avec le journalisme fut un bien, mais sans elle il n'aurait pas écrit ses livres sur la société industrielle ; son regret est de ne pas avoir écrit sur Marx un livre comparable à celui sur Clausewitz, et la suite de l'Introduction à la philosophie de l'histoire, qui prouverait qu'il ne s'est pas perdu dans l'actualité.

Excerpts

“« je voulais être à la fois spectateur est engagée spectateurs de l'histoire se faisant est engagée dans cette histoire en train de se faire »”

“« les confidents de la providence ce sont pour moi les marxistes les conseillers du prince »”