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Krishnamurti, Jiddu

penseur et conférencier d'origine indienne

Jiddu Krishnamurti - Entretien (Recherche de notre temps)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (un entretien d'environ dix minutes ; transcription automatique par endroits déformée, le français de l'invité étant approximatif ; les passages incertains sont omis)

Core ideas

Interrogé sur sa position par rapport aux doctrines hindoues, Krishnamurti répond qu'il ne représente pas l'Inde traditionnelle, « romantique » et « mystérieuse » : il en est parti très jeune et il rejette l'idée de tradition, car la religion, hindoue ou autre, repose sur l'autorité (celle d'une tradition ou d'un prêtre), qu'il juge néfaste pour l'homme. L'important, dit-il, c'est l'homme, qui souffre partout, est angoissé et a peur ; il doit comprendre sa propre existence sans passer par l'autorité ni la tradition, et se libérer de son « conditionnement ». Sa voie n'est pas « personnelle » mais « humaine » : il distingue l'individu et l'humain, ce dernier étant plus grand que l'individu.

Pour lui, le monde a deux problèmes, la violence et la souffrance, acceptées comme naturelles ; on a essayé de s'en libérer par les idées, l'idéalisme, la non-violence, les idéologies (communisme, religions), sans y parvenir, puisque ces idéologies conditionnent l'homme : d'où le conflit en soi et entre soi et la société. La solution passe par une manière de voir sans les écrans des images et des idées préconçues (même pour regarder sa femme ou son mari) : une relation directe, sans division entre l'observateur et la chose observée, car cette division crée le conflit. Il note que les hommes ont peur de la solitude qui suit l'abandon de la tradition et de l'autorité, donc de se retrouver face à eux-mêmes.

À l'intervieweuse, qui lui demande comment y parvenir dans la civilisation moderne saturée d'images, de slogans et de divertissements, il répond que l'homme est le résultat de la société qu'il a lui-même créée, un « piège », et qu'il faut « faire table rase », ce qui est un long travail ; il juge que la plupart des gens veulent s'amuser et ne sont pas sérieux, et que, s'ils l'étaient, les divisions entre nationalités et races disparaîtraient. Il souhaite une « révolution morale dans la conscience », non une révolution sociale ou économique (« on a essayé, ça n'a abouti à rien »), plus invisible et plus profonde ; il faut d'abord prendre conscience de soi en profondeur (attention, intensité, sérieux), puis apprendre à regarder ses choix et se débarrasser de son affectivité. Il n'y a ni voie particulière, ni recette, ni système, la libération est toujours à refaire (« il faut mourir chaque jour pour renaître »), « comme une lumière qui n'a pas de commencement ni de fin ».

Excerpts

“« Pour moi, la tradition et l'autorité, c'est néfaste, ça n'aide pas l'homme. [...] L'homme est beaucoup plus important que la doctrine, la tradition, l'autorité. »”

“« Nous voyons à travers les images, les idées : nos conditionnements. [...] Si on peut voir sans interférence, sans intermédiaire des idées, vous êtes en relation avec vous-même, avec la société, avec n'importe quoi. »”

“« Il n'y a pas de système, il n'y a pas de recette, il n'y a pas une voie : c'est comme une lumière qui n'a pas un commencement ni une fin. Ça reste toujours la lumière. »”