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Ramadan, Tariq

islamologue, penseur de la « théologie islamique de la libération »

(Vidéo) Tariq Ramadan & Edgar Morin - L'Urgence et l'Essentiel (Extraits)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (extraits d'environ quarante-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation et sans indication des locuteurs, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; les attributions ci-dessous reposent sur le contenu et restent prudentes)

Core ideas

Penser global, régénérer des principes. Morin plaide pour une « nouvelle voie » issue des quatre sources libertaire, socialiste, communiste et écologique, qui retrouverait « liberté, égalité, fraternité » en sachant que ces idées sont à la fois complémentaires et antagonistes (la liberté seule détruit l'égalité, l'égalité imposée détruit la liberté, la fraternité ne peut venir d'un État). La « Révolution » avec une majuscule n'a plus de sens : il faut ne pas faire table rase du passé. Il propose aussi, plutôt que l'impôt devenu impuissant face aux paradis fiscaux, de faire reculer le pouvoir de l'argent par un changement de consommation (alimentation saine, agriculture fermière). Ramadan répond avec une « théologie de la libération » : quête de sens, responsabilité et solidarité individuelles, résistance par la consommation et l'internationalisme, et surtout un « contre-pouvoir constructif » face à ce qu'il appelle une « compétition superficielle pour le pouvoir ».

Un monde « somnambule ». Morin analyse le Moyen-Orient (l'atrocité d'Alep, l'éclatement de la Syrie et de l'Irak, l'absence de tout plan de paix) et propose l'idée d'une confédération arabe de communautés autonomes, en prenant la Yougoslavie comme précédent. Il y voit la mondialisation à double visage : changement climatique, migrations, accaparement des terres africaines, spéculation financière aveugle, montée du populisme et d'un « post-démocratisme » qui n'est pas encore du fascisme, tensions nucléaires entre Inde et Pakistan. Il compare cette inconscience à celle des années 1930 (concessions à l'Allemagne nazie, pacte germano-soviétique de 1939) et appelle à « éveiller les consciences ». Ramadan voit chez les populistes un rejet légitime d'une classe politique menteuse, auquel il faut répondre par une proposition différente, éducative et politique.

Islam, christianisme, foi et décision. Morin dit que l'Occident manque de culture historique sur l'islam et rappelle que le christianisme a été historiquement plus violent et intolérant, avant de se spiritualiser avec la laïcité. Ramadan distingue la décision de principe, qui est pour lui une « nécessité de la conscience » faite avec humilité et confiance en Dieu, de la décision d'action, que Morin qualifie de pari ; il explique ne pas penser en probabilités et évoque la « droiture » (guide-nous sur la voie droite), apprise de son ami Maurice Gloton, traducteur du Coran. Tous deux se rejoignent sur un humanisme de « l'unité dans la diversité », cité à travers Montaigne, Montesquieu et la Déclaration des droits.

La mort. Morin, auteur de L'Homme et la mort, parle de sa mère morte quand il avait dix ans, de ses compagnons morts sous la torture de la Gestapo, du fait que l'homme, seul être à avoir conscience de sa mort, l'affronte pourtant pour quelque chose qui le dépasse ; il dit n'avoir jamais été mieux dans sa peau que résistant. Pour un agnostique, la mort est une fin absolue ; pour un croyant, un passage et un retour à Dieu, qui pose néanmoins la question morale de la vie vécue. Ramadan s'y reconnaît et ajoute que l'apaisement (salam) vient d'une cohérence entre principes et actes.

Excerpts

“« ne faisons pas table rase du passé c'est dans la culture du passé qu'on trouvera des forces »”

“« c'est de participer à quelque chose de juste de bons et de biens »”

“« moi ce qui m'intéresse c'est la pensée critique du contre-pouvoir »”