Céline, Louis-Ferdinand
▶ Watch on YouTubeCoverage note: partial (un entretien d'environ vingt-cinq minutes dont la transcription automatique est très fortement déformée, la voix de Céline et l'élocution rapide étant mal reconnues ; seuls les fils d'argument que l'on peut reconstituer avec une confiance suffisante sont rapportés, les passages incertains sont omis)
Core ideas
Médecin d'abord. L'intervieweuse l'invite à parler de son enfance et de sa double vocation. Céline répond qu'il avait la vocation de médecin et qu'il s'est mis à écrire par difficultés matérielles pendant ses études de médecine (il se dit « né pauvre ») : l'idée était de publier sous un pseudonyme (le nom de sa mère, d'après le transcript) pour que sa carrière médicale n'en pâtisse pas ; la littérature l'a pourtant gêné pour la médecine. Il dit encore qu'il est né pour être médecin, évoque ses études à Rennes, une thèse sur un sujet racontant une histoire (présentée comme celle d'un médecin du passé, nom déformé), puis une carrière de médecin hors de France (colonies, missions contre la fièvre jaune, selon un passage très déformé) et plus de trente-cinq ans de médecine de quartier.
Le Voyage et son style. Il explique que sa façon de « répéter les phrases » et de faire passer « l'émotion du langage parlé à travers l'écrit » donne un style qui n'est pas celui que l'on attend. Il se souvient de la parution du Voyage au bout de la nuit (« scandale », candidature à un prix littéraire défendue par quelques jurés, d'après un passage déformé ; ventes importantes, traduction dans le monde entier) et de son accueil par les critiques, jugés sans compétence, ainsi que par la gauche, qui n'aurait « rien compris ». Il oppose le lecteur au romancier : le lecteur est comme un passager de paquebot, « là pour se délecter », sans s'occuper de la passerelle ni des machines, tandis que l'auteur est le « bonhomme qui travaille ».
Le milieu littéraire. Il critique le fonctionnement des cliques (journaux, académies, salons), qui feraient ou défairaient les réputations ; autrefois, dit-il, c'étaient des salons, désormais n'importe qui donne le ton et la publicité l'emporte ; il juge que le lecteur d'aujourd'hui lit beaucoup moins qu'il ne se le figure (il parle de quelques milliers de vrais lecteurs en France) et que les jeunes se précipitent sur des auteurs recommandés. Il se dit seul, n'appartenant à aucune clique, et critique les « conformismes » (catholique, communiste, américain), qui obligent à adhérer à un camp.
Tare nerveuse, tendresse, pessimisme. L'intervieweuse lui dit voir dans ses livres de la tendresse pour les êtres humains et les animaux, au-delà de la grossièreté, et relève une phrase sur sa mère. Céline répond qu'il a toujours eu « quelque chose qui ne marche pas dans [son] système nerveux », hérité de parents nerveux, et que son écriture, comme son « bafouillage », transforme ses inquiétudes ; il dit n'être pas un scientifique et avoir été mal placé pour la médecine, mais il y est resté par volonté. Il livre ensuite une vision pessimiste de la nature humaine (l'homme ne changerait pas depuis des centaines de millions d'années, serait attiré par le spectacle de la violence, ce qu'il illustre par le cirque romain), passage trop déformé pour être détaillé.
Écrire pour payer ses dettes. À la question de savoir s'il travaille, il dit écrire parce qu'il doit de l'argent à son éditeur, pour payer ses dettes.
Excerpts
“« je suis né pour être médecin »”
“« le lecteur est là pour se délecter »”
“« il y a quelque chose qui ne marche pas dans mon système nerveux »”