Kundera, Milan
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (un entretien d'environ cinq minutes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout dans les réponses de Kundera ; les passages incertains sont omis)
Core ideas
Rester ou partir. À la question sur la situation de l'écrivain tchèque, alors que la presse annonce que la majorité des écrivains émigrerait, Kundera répond qu'il ne connaît « aucun écrivain tchèque qui veut émigrer » et qu'il est persuadé que la cause d'un « socialisme démocratisé » n'est « pas perdue ». Il dit que les écrivains veulent rester dans leur pays et travailler, et que l'autonomie et la liberté acquises depuis quatre ou cinq ans, en littérature et en culture, sont aujourd'hui menacées de restriction. L'intervieweur approuve qu'on agisse plus en restant qu'en partant ; Kundera souligne que ce choix ne se posait pas avant la démocratisation : sous le régime précédent, « on choisissait pour lui ».
La genèse de « La Plaisanterie ». Il explique avoir commencé le livre vers 1960 et l'avoir terminé en 1965, en pensant pouvoir le publier tout en comptant avec les « ennuis », sans trop les dramatiser. Le titre désigne d'abord la plaisanterie du héros à propos d'une jeune étudiante, source de ses malheurs, mais aussi une catégorie plus abstraite de la vie : « dans ce monde, tout est plaisanterie », une « sinistre plaisanterie », qui dit quelque chose du caractère tchèque et de son sens de l'humour (arme contre la bureaucratie, le fanatisme et la mentalité religieuse de l'époque).
Culpabilité et généralité du roman. L'intervieweur cite un passage où le narrateur compare le sentiment de culpabilité devant la révolution et le Parti à celui des croyants pour le péché : un sentiment constant et incompréhensible de faute envers le pouvoir. Il suggère que le livre dépasse sa réalité politique : l'histoire du héros (Ludvík, transcrit « Ludwig ») pourrait arriver à n'importe qui, un homme un peu désabusé, solitaire, à la recherche de contact par l'amitié ou l'amour. Kundera acquiesce et se dit heureux qu'on n'y voie pas un « document historique » ni un roman politique ou idéologique : il n'aime pas les romans qui sont seulement des documents historiques, il est « furieux » qu'on pense que c'est un roman politique, et dit que c'est « une plaisanterie ».
Excerpts
“« Je ne connais aucun écrivain tchèque qui veut émigrer. »”
“« Je n'aime pas les romans qui sont seulement des documents historiques. »”
“« Je suis furieux quand quelqu'un pense que c'est un roman politique ou idéologique. »”