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Brossolette, Pierre

journaliste, futur résistant

Pierre Brossolette - Le péril hitlérien

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (un court extrait d'environ trois minutes, probablement le début d'une chronique plus longue ; transcription automatique par endroits déformée ; les passages incertains sont omis)

Core ideas

Un questionnaire britannique à Berlin. Brossolette commence par noter que, « pendant qu'à Genève se poursuit une comédie humiliante pour tous ceux qui en sont les acteurs » (allusion à la Société des Nations), le gouvernement allemand ne manifeste pas d'empressement à répondre au questionnaire que l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Berlin lui a remis quelques jours plus tôt, et qu'on laisse déjà prévoir une réponse défavorable. Malgré les précautions des Britanniques pour ménager les susceptibilités du Reich, leurs questions poussent Hitler dans ses retranchements : sa réponse doit révéler à l'opinion si l'Allemagne est ou non compatible avec l'organisation de la paix.

Les questions posées à Hitler. Selon Brossolette, Londres demande en substance : si l'Allemagne est prête à inclure la Russie soviétique dans les États avec lesquels elle signerait des pactes de non-agression ; si elle accepte des pactes de non-agression garantis à l'Est comme à l'Ouest ; si elle complétera le système de Locarno par un traité de limitation des armements aériens ; et si elle renonce à chercher dans des griefs (le traité de Versailles, d'après le transcript déformé) un prétexte pour remettre sans cesse en cause le statut de l'Europe. Un « oui » l'obligerait à entrer dans un réseau de pactes de sécurité et de limitation des armements qu'il a jusqu'ici évité ; un « non » avouerait qu'il veut garder les mains libres à l'Est en sacrifiant la paix à l'Ouest, ce qui l'isolerait de la France et de l'Angleterre. Il prévoit donc que le jeu de l'Allemagne sera de ne pas répondre oui tout en ayant l'air de ne pas répondre non.

Mettre à profit l'éveil britannique. Brossolette estime que l'opinion britannique sera éclairée par le caractère dilatoire de la réponse, mais met en garde contre l'erreur de croire que cet éveil de la « clairvoyance » britannique suffise : la France ne peut pas se satisfaire de l'anarchie qui règne dans le monde et de la course aux armements. Il y voit au contraire une occasion de présenter un « plan d'organisation de la paix » comprenant un système d'assistance mutuelle assez rigoureux pour que les contractants ne puissent se dérober à leurs obligations, mais assez souple pour que chacun mesure ses engagements à ses possibilités, avec limitation des armements. Ce plan resterait ouvert à l'Allemagne, qui pourrait s'y associer « par un dernier sursaut », mais devrait pouvoir entrer en action sans elle ; telle est selon lui la voie de la diplomatie française, qu'il espère voir suivie.

Excerpts

“« ne pas répondre oui tout en ayant l'air de ne pas répondre non »”

“« présenter un plan d'organisation de la paix »”

“« un système d'assistance mutuelle assez rigoureuses »”