Gave, Charles
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (transcription automatique par endroits déformée, surtout les noms propres, les références historiques et les messages d'auditeurs ; les passages incertains sont omis ou rapportés avec prudence)
Core ideas
Gave explique avoir écrit « Un libéral nommé Jésus » après avoir été accusé, à la suite d'un livre sur le fonctionnement d'une économie, de défendre une conception « immorale » car contraire aux Évangiles : il a alors relu les Évangiles « en fonction de ce qu'il sait de l'économie » et a conclu, selon lui, que la plupart des gens les interprètent « de travers » et qu'ils sont « parfaitement libéraux et économiques » (il affirme que c'est le seul grand livre sacré « sans une seule erreur de théorie économique »). Il défend cette lecture à travers plusieurs paraboles : celle des talents (qui récompense celui qui prend des risques, « trafique » au sens du commerce, et condamne celui qui enterre son talent ; pour lui, celui qui ne prend pas de risque « va toujours en enfer »), celle de l'intendant infidèle (dont il tire une leçon sur les dettes insoutenables : mieux vaut en recouvrer une partie que rien du tout ; il cite l'exemple de la Grèce), celle des ouvriers de la onzième heure (le maître est libre de faire ce qu'il veut de son bien : une forme de « discrimination » au sens neutre du terme) et celle du jeune homme riche (dont il dit que Jésus l'aime, et qui, selon lui, s'en va triste parce qu'il avait la charge de nombreux employés).
Il oppose la valeur subjective (le prix est ce qu'un acheteur est prêt à payer ; il y voit la théorie économique des Autrichiens, d'abord entrevue par les scolastiques et l'école de Salamanque) à la valeur-travail (Marx, Ricardo, saint Thomas d'Aquin sur le « juste prix »), et défend le droit de propriété en rappelant la décision du pape Jean XXII contre les franciscains « radicaux ». Il distingue la vocation (conception luthérienne de « Beruf ») et la charité personnelle de la « solidarité » collective, qu'il juge un dévoiement permettant aux politiques de « paraître généreux avec l'argent des autres ». Il explique que, selon lui, il n'y a pas de responsabilité, de morale ou d'amour collectifs dans l'Évangile, que l'Ancien Testament reposait sur une alliance collective et le Nouveau sur des « contrats individuels », et que l'entrepreneur imite le Christ créateur. L'abbé de Tanoüarn et Patrick Simon abondent (vocation, créativité, responsabilité individuelle, charité contre « pseudo-charité collective ») et discutent la théologie de la libération et la gauche chrétienne (qui prétendent trouver dans l'Évangile le socialisme), l'usage du mot « libéralisme » (condamné par l'Église dans certaines acceptions : relativisme, laxisme ; Tanoüarn pense plutôt qu'il vaudrait mieux parler de « relativisme »), l'attitude de Léon XIII, les ordres monastiques comme premiers entrepreneurs, et la question de la liberté religieuse (acceptée par Vatican II, selon eux, « au titre du moindre mal » et avec des contradictions avec des conciles antérieurs). Des auditeurs répondent par messages : « le libéralisme est un péché », la communauté des Actes des Apôtres (« communisme volontaire »), la prospérité évangélique, etc. ; Gave et ses interlocuteurs répondent que le communisme des premiers chrétiens était volontaire et peu viable (thanksgiving, collecte de Paul pour Jérusalem), et que le communisme marxiste-léniniste impose l'abolition de la propriété par l'État.
Excerpts
“« Si vous lisez les Évangiles du début à la fin tranquillement, il y a deux messages qui ressortent de façon tout à fait extraordinaire : c'est que celui qui ne prend pas de risque va toujours en enfer ; et que Dieu ne s'intéresse qu'à une personne à la fois. »”
“« La valeur de quelque chose, c'est ce que quelqu'un en face de vous est prêt à mettre pour vous l'acheter. La valeur n'a rien à voir avec le travail : elle a tout à voir avec la décision subjective de celui qui en a envie. »”
“« Il y a une distinction qui me paraît essentielle entre solidarité et charité : la charité nous pousse à faire du bien à une personne, et la solidarité est une pseudo-charité collective, un dévoiement qui permet aux hommes de l'État ou aux candidats de paraître généreux avec l'argent des autres. »”