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Neruda, Pablo

poète chilien

Pablo Neruda - Entretiens (1970)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (transcription automatique très déformée tout au long de l'enregistrement, avec des passages quasi inintelligibles et des lectures de poèmes mal retranscrites ; seuls les thèmes et les propos clairement lisibles sont rapportés, les noms propres incertains sont omis)

Core ideas

L'entretien s'ouvre sur la méfiance de Neruda envers la « spéculation » critique autour de la poésie, qu'il préfère concevoir comme un produit naturel proche de l'artisanat, et sur sa critique du poète « égocentrique » et de l'éloignement de la poésie du grand public. Il défend une transparence qui permette aux lettrés de communiquer avec le peuple : une œuvre qui puisse s'adresser à la fois à une minorité savante et à une majorité, comme l'ont fait les chansons de geste ; il dit avoir réagi, après la Seconde Guerre mondiale, contre l'hermétisme hérité du symbolisme (dont il semble reconnaître l'influence) pour rendre sa poésie au peuple, y compris des auditoires de milliers d'ouvriers et de mineurs. Il se dit poète depuis l'enfance, sans jamais en avoir douté, mais affirme que la vocation doit être accompagnée de lectures et de culture ; il cite Baudelaire comme l'un des poètes les plus authentiques et soutient qu'il y a une poésie de la ville comme une poésie de la nature.

Il raconte comment la guerre d'Espagne l'a transformé : vivant à Madrid parmi les poètes de la génération de la République, il découvre une solidarité profonde avec le peuple espagnol, la lumière « tragique » du pays et la misère de ses campagnes ; il dénonce la légende franquiste d'une République chaotique et rappelle l'assassinat de García Lorca et l'emprisonnement d'un jeune poète paysan, mort malade en prison malgré les démarches du gouvernement chilien. Devant le surréalisme, il dit y voir un jeu de l'esprit utile mais dépassé, et soutient que l'Amérique latine, avec sa nature, est « surréaliste » dans sa réalité même. Il explique ensuite comment son expérience espagnole lui a fait découvrir ses racines chiliennes et américaines, d'où son « Chant général » et le poème sur le Machu Picchu (reconnaissance des anciennes cultures indiennes et de l'histoire cachée du continent).

Sur la politique, il refuse d'opposer poésie et action : élu sénateur, il affirme ne pas pouvoir séparer l'un de l'autre, et que le poète ne peut rester indifférent à la misère (il évoque les 70 millions d'analphabètes d'Amérique latine et la responsabilité des oligarchies et des partis dits « conservateurs »), tout en conseillant aux jeunes poètes de faire d'abord leur poésie personnelle. Il raconte sa fuite et son exil (qu'il situe vers 1949-1950). Il commente aussi son poème « Que s'éveille le bûcheron » (Lincoln contre l'impérialisme des États-Unis, la guerre du Vietnam, les présidents Johnson et Nixon), l'ignorance supposée des Américains du Nord (l'anecdote de l'avion espion et de sa pancarte multilingue) et l'importance du poète dans l'enrichissement de la langue espagnole (il cite un grand poète nicaraguayen, nom incertain dans le transcript). L'entretien se termine sur la question de l'enfance : il lit un long poème sur sa mère morte, son père cheminot et sa nounou, et reconnaît que le poète vit peut-être pour reconquérir cette enfance.

Excerpts

“« C'est incroyable qu'un parti politique puisse s'appeler conservateur : conserver quoi ? La tradition de pauvreté, de misère, d'ignorance et l'oppression du peuple. »”

“« Je ne suis pas surréaliste parce que l'Amérique latine, dans sa réalité la plus profonde, est surréaliste. [...] Dans un continent où il y a tant de choses extraordinaires, on n'a pas besoin de préparer un contre-surréalisme. »”

“« Cette pancarte disait dans toutes les langues : "Je suis un citoyen de l'Amérique du Nord, je suis venu pour vous aider, c'est naturel que nous soyons amis." [...] Ça veut dire qu'ils ont une telle ignorance de la haine qui existe contre l'Amérique du Nord. »”