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Foucault, Michel

philosophe, professeur au Collège de France

Michel Foucault à propos de l'école (1975)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (un extrait d'environ cinq minutes ; transcription automatique par endroits déformée, surtout au début et dans les questions ; les passages incertains sont omis)

Core ideas

Le Collège de France comme lieu qui « n'enseigne pas ». Interrogé sur son attitude envers l'enseignement, Foucault dit enseigner dans un lieu particulier dont la fonction est justement de ne pas enseigner, et où il n'a pas l'impression d'exercer un rapport de pouvoir sur son auditoire. Il décrit le rapport pédagogique ordinaire comme une séquence : l'enseignant dit d'abord que vous ne savez pas ce que vous devriez savoir (la culpabilisation), puis qu'il sait et va vous l'apprendre (l'obligation), puis il vérifie que vous l'avez appris (l'examen). Au Collège de France, les cours sont libres : n'importe qui peut venir, du colonel en retraite au lycéen, et s'en aller si l'exposé ne l'intéresse pas ; l'examiné, c'est donc celui qui enseigne, payé toute l'année pour travailler et qui, une douzaine de fois par an, présente le bilan de son travail et attend que le public montre s'il est intéressé. Il avoue avoir le trac, comme à un examen, et de la tristesse quand l'auditoire paraît peu intéressé.

Le savoir est lié au plaisir, mais l'école le présente comme triste. Sur la réforme de l'enseignement, Foucault part d'un accord de principe : l'école, où l'on oblige à apprendre, devrait être une fête et le terrain de la curiosité. Outre l'orthographe, l'arithmétique et la lecture, la première chose à apprendre serait que le savoir est « profondément lié au plaisir » : il existe une façon d'« érotiser » le savoir. Or l'enseignement semble avoir pour effet de montrer le savoir comme déplaisant, triste, gris, peu érotique, ce qu'il juge un « tour de force » qui doit avoir sa raison d'être. Son hypothèse, qu'il formule avec ironie : si les gens avaient une frénésie de savoir comparable à celle de faire l'amour, ils se bousculeraient aux portes des écoles, ce qui serait un « désastre social total ». Pour restreindre l'accès au savoir, il faut donc le présenter sous une forme « rébarbative » et ne contraindre à l'apprendre que par des gratifications annexes (concurrence, hauts salaires), alors qu'il y a un plaisir intrinsèque, une libido sciendi.

Les parents et l'angoisse. Interrogé sur la responsabilité des parents, il dit ne pas voir comment ils pourraient aider directement, car les parents transmettent surtout aux enfants une angoisse devant le savoir : ils y investissent leur propre gloire, leur sacrifice, leurs projets d'avenir et leur revanche. Les enfants déchiffrent très vite l'angoisse des adultes, qui pèse « négativement d'une façon très lourde ».

Le diplôme comme valeur marchande. À la question de savoir s'il faut une sanction, Foucault répond que le diplôme sert à constituer une « valeur marchande du savoir » et à faire croire à ceux qui n'en ont pas qu'ils ne sont pas en droit ni capables de savoir. Pour ceux qui le passent, il n'a pratiquement pas de contenu ; il prend son sens plein pour ceux qui ne l'ont pas : le diplôme serait « fait précisément pour ce qu'ils n'ont pas ».

Excerpts

“« Moi quand je vais faire mes cours au collège j'ai le trac, absolument comme quand je passais des examens. »”

“« Le savoir est tout de même profondément lié au plaisir. »”

“« Le diplôme ça sert simplement à constituer une espèce de valeur marchande du savoir. »”