MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Artesquieu/Dorgelès, Roland

Dorgelès, Roland

écrivain

(Vidéo) Roland Dorgelès parle de Montmartre

Artesquieu · May 4, 2021 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ treize minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des noms propres déformés qui ont été omis ou hédgés)

Core ideas

Le vrai Montmartre, un village. Dorgelès évoque le Montmartre de 1900 à 1914, la Butte entre le Moulin de la Galette et le Sacré-Cœur, qui n'a rien à voir avec le quartier de « boîtes de nuit et de coiffeurs pour dames » d'aujourd'hui : un village avec des puits, des vergers, des cerisiers (Modigliani regrettait de ne pas avoir osé cueillir des cerises), des cafés aux noms d'autrefois (la mère Catherine…), une vie « de province, campagnarde, rustique » où tout le monde se connaissait. Les touristes sont arrivés après la Grande Guerre avec les Américains, puis les derniers jardins ont été vendus et des immeubles construits.

Les peintres et leurs destins. Il raconte avoir pu acheter de la peinture pour très peu d'argent, mais avoir sacrifié des tableaux (signés Van Dongen, Dufy, Vlaminck) à ses amours ; il évoque des camarades dont on attendait beaucoup et qui n'ont rien laissé, Picasso qu'il a surtout aimé à l'époque bleue (« je n'ai pas aimé le cubisme du tout »), Utrillo, victime de la méchanceté des enfants, et surtout Max Jacob, personnage étonnant qui vivait pour l'amitié et la foi, dont la conversion fut longtemps prise à la légère et dont la mort à Drancy, le disant heureux de pouvoir « faire des conversions », a convaincu les incrédules.

Insouciance, amour, trahison. Le groupe vivait « du jour au jour, comme on pouvait », dans l'insouciance et la présomption de la jeunesse. Dorgelès dit que son livre aurait pu s'appeler « mon cœur mis à nu » (sinon pour le titre déjà pris par Baudelaire) : sa grande préoccupation fut l'amour, et comme beaucoup d'hommes il a été trompé pendant la guerre ; l'éloge littéraire de la fidélité de la femme est, dit-il, un mensonge (il cite l'ami aveugle de guerre abandonné). Il avoue exceptionnellement parler de lui, lui qui a horreur des écrivains qui exhibent leur vie privée, comme Gide.

Excerpts

“« on y mener une vie qui était une ville de province une vie campagnarde une vie rustique »”

“« on ne se préoccupait de rien vivant du jour où jour le jour comme on pouvait »”

“« je n'ai pas aimé le cubisme du tout »”