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Cendrars, Blaise

romancier et poète

Blaise Cendrars - Entretien (Qui êtes-vous ?)

Artesquieu · Jun 9, 2022 · partial coverage

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Coverage note: partial (une émission d'environ vingt minutes ; transcription automatique très déformée, avec de nombreuses phrases brouillées et des attributions de répliques incertaines ; seuls les thèmes et réponses clairement lisibles sont rapportés)

Core ideas

L'émission commence par un questionnaire de type « portrait chinois » auquel Cendrars répond brièvement : le comble de la misère est « la confusion mentale » ; il aimerait vivre « partout à la fois » ; l'indulgence va au mensonge ; ses héros de roman préférés sont Perceval, Robinson et Don Quichotte ; son personnage historique favori est Charles Quint ; ses héroïnes sont les comédiennes dans la vie et les stars d'Hollywood dans la fiction ; aucun peintre favori, Erik Satie peut-être en musique ; la simplicité comme qualité préférée chez l'homme et la femme, la charité comme vertu, « ne rien faire » comme occupation préférée ; il prend plaisir à « provoquer » ; il dit que l'écriture est un métier manuel (« je suis à la main de plume ») et qu'il n'a « pas encore quitté l'enfance » ; il cite Schopenhauer comme auteur qui a modifié ses opinions.

Les questionneurs reviennent sur son goût pour le mensonge : Cendrars l'explique par son attachement à la fiction et par l'idée que l'activité littéraire est un « mensonge perpétuel » ; on lui oppose que la poésie révèle une vérité (on lui cite des vers du « Transsibérien », selon le transcript), et on le compare à un explorateur ou à un conquistador en quête d'un absolu, toujours déçu et recommençant. Il explique que Charles Quint l'intéresse comme « grand amoureux » (anecdotes sur ses amours, ses funérailles célébrées de son vivant au monastère). Il raconte comment il a lu Schopenhauer en Allemagne pendant ses études (six mois de cours de métaphysique), sans que cela le convertisse au pessimisme (« pas du tout dans mon tempérament »), et il dit aussi travailler sur des lettres du philosophe qu'il traduit (détails incertains).

Sur les arts, il dit que le théâtre l'amuse « follement dans les coulisses » mais pas devant, évoque l'anecdote d'un projet de « douze pièces de dix minutes » avec un contrat non signé, raconte qu'il a perdu deux années (et plus tard douze ans de « bohème de grand luxe ») à vouloir faire du cinéma en France, alors qu'il aurait dû aller à Hollywood, et qu'il a fait tous les métiers du cinéma ; il parle de la peinture avec désillusion (les peintres déçoivent par leur ambition de figurer dans les musées de leur vivant, les marchands, la spéculation) et prédit qu'elle sera oubliée d'ici une dizaine ou une quinzaine d'années ; il évoque aussi la reproduction des œuvres et Bruegel au Prado. Il se dit « littérateur » avec dégoût, déplore l'industrialisation de l'édition et dit avoir horreur d'écrire (il parle de « vider son sac »). Les questionneurs terminent en l'interrogeant sur la dualité entre son goût de s'amuser (stars d'Hollywood) et sa sensibilité à la misère du monde, qu'il relie à la bagarre de sa jeunesse et à la lecture de Schopenhauer.

Excerpts

“« Quel est pour vous le comble de la misère ? — La confusion mentale. [...] Quels sont les héros de roman que vous préférez ? — Perceval, Robinson et Don Quichotte. »”

“« À quel âge avez-vous le sentiment de quitter l'enfance ? — Je n'ai pas encore quitté l'enfance. [...] Écrire est un métier manuel. »”

“« Ma faiblesse pour le mensonge consiste justement dans le fait que l'activité littéraire est un mensonge perpétuel. »”