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Podcasts/Elucid/[Not Set]

[Not Set]

Compilation — montage des réponses de nombreux invités d'Elucid à la question rituelle de fin d'entretien « Qu'est-ce qui est connu de peu de personnes et qui mériterait d'être connu de tous ? » (les intervenants ne sont pas réidentifiés individuellement dans la bande-son de ce montage)

POURQUOI PERSONNE N’EN PARLE ? Ce qui est peu connu, mais devrait être connu de tous

Elucid · Aug 2, 2025 · partial coverage

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Coverage note: partial (montage de courtes réponses isolées de leur entretien d'origine, sans reprise du contexte complet de chaque échange)

Core ideas

Plusieurs réponses portent sur des angles morts de l'histoire du capitalisme et des rapports de domination. Un premier intervenant définit la « guerre de classe » — au-delà de la lutte des classes — que les plus riches mèneraient contre les populations les plus pauvres à l'échelle mondiale, concluant par une mise en garde contre la confusion entre colère légitime et défiance envers les élites fortunées. Un autre développe les « racines sombres » du capitalisme européen, montrant que l'accumulation primitive ayant permis le financement de la révolution industrielle proviendrait en grande partie de la traite négrière et du commerce triangulaire, que la comptabilité moderne aurait été affinée par des négriers calculant la rentabilité d'un taux de mortalité de 30 % parmi les esclaves transportés, et que le mot anglais désignant l'usine (plant) dériverait du mot « plantation » — les méthodes de travail industriel déshumanisé ayant été élaborées, selon lui, dans les plantations de canne à sucre. Un intervenant anglophone (dans un registre proche des analyses de Joseph Stiglitz) dénonce l'ampleur du secret institutionnel dans les sociétés contemporaines — clauses de non-divulgation dans les contrats pétroliers et miniers empêchant de vérifier si les ressources naturelles sont vendues à un juste prix — comme un facteur structurel d'inégalité et d'affaiblissement démocratique, et relève ailleurs que le pouvoir de création monétaire aurait été concédé à un très petit nombre de décideurs privés.

Un intervenant raconte une anecdote personnelle vécue dans un kibboutz en 1968 : un jeune Israélien de l'époque, né après la Nakba de 1948, reconnaît spontanément les vestiges d'un minaret dans un champ que son interlocuteur français prenait pour une margelle, révélant l'existence de villages arabes rasés — épisode que l'intervenant interprète comme la preuve qu'un savoir informel sur les expulsions de 1948 persiste dans la société israélienne malgré le déni officiel entretenu depuis David Ben Gourion. Un autre développe, à partir de la question de l'antisémitisme, l'idée que l'antisémitisme et le philosémitisme partageraient une même obsession structurelle pour la figure du Juif, deux faces d'un même phénomène.

Plusieurs réponses portent sur la formation des élites et les institutions de pouvoir. Un intervenant critique le système français de fabrication des élites (classes préparatoires, ENA, grands corps) comme un système coupé du monde réel, citant l'exemple de George W. Bush n'ayant voyagé qu'une seule fois au Mexique avant de déclencher la guerre en Irak, et proposant que les grandes écoles imposent une année sabbatique de découverte du monde avant l'entrée dans la vie active. Un autre développe l'idée que les institutions de protection sociale et le droit du travail ne seraient jamais le fruit spontané de la bienveillance de l'État, mais toujours le produit de rapports de force et de luttes organisées par les classes dominées. Un intervenant recommande la psychothérapie institutionnelle (inspirée de François Tosquelles et prolongée par les « praxis instituantes » de Dardot et Laval) comme méthode transposable à toute institution — école, justice, entreprise — consistant à soigner le cadre institutionnel lui-même plutôt que d'exiger des individus qu'ils s'y adaptent sans le questionner, définissant la démocratie comme la capacité collective à remettre en cause en permanence le cadre d'auto-institution de la société.

Sur l'anthropologie et l'histoire longue, un intervenant recommande la Chronique des Indiens Guayaki de Pierre Clastres pour appréhender le passé profond de l'humanité, tandis qu'un autre rend hommage à l'anthropologue Alain Testart, auteur des Principes de sociologie générale, resté selon lui trop marginal de son vivant malgré une œuvre majeure sur le don, l'esclavage et la division sexuelle du travail dans les sociétés humaines.

Sur le Moyen-Orient et l'Afrique, un intervenant évoque la vitalité artistique méconnue de la jeunesse palestinienne (musique, rap, peinture) à Gaza comme en Cisjordanie, en rupture avec l'image exclusivement religieuse ou combattante véhiculée en Occident. Un autre rappelle l'existence historique d'un âge de coexistence et d'un courant libéral arabe (la Nahda, ou Renaissance arabe, dès 1850-1860 au Liban) porteur d'idées d'émancipation féminine et d'éducation antérieures à toute influence occidentale, citant Amartya Sen sur l'universalité de l'aspiration à la démocratie. Sur l'Afrique, un intervenant plaide pour la reconnaissance d'une philosophie africaine des biens communs et cite Nelson Mandela comme le plus grand homme d'État du XXe siècle, tandis qu'un autre rappelle une initiative méconnue de médiation de l'Union africaine (menée notamment par le président sénégalais Macky Sall) au début de la guerre russo-ukrainienne, ayant contribué à des échanges de prisonniers et à l'acheminement ultérieur des céréales ukrainiennes. Un intervenant dénonce l'ignorance persistante des Français sur les atrocités de la conquête coloniale en Afrique à la fin du XIXe siècle, la reliant à l'indifférence médiatique actuelle face au retrait accéléré de la France de ses anciennes zones d'influence (Niger, Mali, Burkina Faso, Gabon). Un dernier intervenant, collectionneur d'art africain, relie sa passion à la révolution esthétique de Picasso après sa découverte d'un masque fang, y voyant la naissance d'un universel véritable fondé sur la reconnaissance de la richesse de l'autre plutôt que sur le repli identitaire.

D'autres réponses portent sur des risques contemporains peu médiatisés. Un intervenant spécialiste de l'intelligence artificielle rappelle que des chercheurs travaillent activement à automatiser l'ensemble du travail humain, un objectif que la plupart des chercheurs en sécurité de l'IA jugeraient atteignable en moins de cinq ans et porteur d'un risque d'extinction humaine. Un autre développe le cloisonnement dangereux entre politique nucléaire et politique climatique : les armes nucléaires actuellement produites sont conçues pour rester en service jusqu'en 2090 sans intégrer les transformations environnementales prévisibles, alors que 12 000 têtes nucléaires demeurent en circulation dans le monde. Un intervenant francophile de l'Iran, linguiste persophone, invite à dépasser les représentations médiatiques superficielles du pays (citant l'ignorance démographique et culturelle affichée par certains commentateurs appelant au bombardement de l'Iran) en s'appuyant sur son expérience personnelle d'affinités culturelles fortes entre la France et l'Iran. Enfin, un intervenant critique l'illusion contemporaine d'une connaissance scientifique fiable et exploitable du cerveau humain en matière éducative, jugeant la vulgarisation neuroscientifique dominante largement approximative et contre-productive.

Excerpts

Sur les racines esclavagistes occultées du capitalisme européen :

“« Si la bourgeoisie a pu devenir la classe dominante en Europe, c'est parce qu'elle a obtenu un coup de boost financier [...] tout l'argent obtenu grâce à la traite, au commerce triangulaire, à l'esclavage. [...] Le mot anglais pour dire usine, plant, vient en fait du mot plantation. »”

Sur le déni collectif persistant malgré un savoir informel de la Nakba, illustré par une anecdote de 1968 :

“« [Le jeune Israélien] savait que c'était pas une margelle, c'était une mosquée. Et pourquoi on ne voyait rien ? Pour moi, c'est l'incarnation d'Israël : ils savent au fond et ils ne veulent pas savoir. Il faut rester nous, c'est nous les vraies victimes. »”

Sur le risque existentiel posé par la recherche en intelligence artificielle :

“« Il y a des personnes sur cette planète qui sont en train d'essayer de créer un système qui va remplacer tout le travail humain [...] la plupart des chercheurs en sécurité de l'intelligence artificielle pensent que s'ils y arrivent, il y a un énorme risque d'extinction humaine. »”