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[Not Set]

Compilation — extraits de plusieurs invités d'Elucid en 2023, sur les thèmes de l'oligarchie, de l'économie et de l'écologie

LE BEST OF ÉLUCID DE 2023 🏆 (Partie 1 - oligarchie, économie, écologie)

Elucid · Jul 29, 2023 · partial coverage

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Coverage note: partial — montage d'extraits tirés de plusieurs entretiens distincts diffusés au cours de l'année, sans nouveau contenu propre à cet épisode

Core ideas

Un premier intervenant, ancien haut fonctionnaire, décrit l'oligarchie française comme un cercle homogène issu des mêmes formations (Sciences Po, l'ENA) et structuré en « corps d'État » (inspection des finances, Ponts, Mines) fonctionnant selon une logique de cooptation et de partage de postes réservés, qu'il compare à un système « mafieux » où la prudence collective interdit toute critique publique entre pairs. Il documente ensuite, à travers les cas d'Arcelor, Pechiney puis Alstom, une désindustrialisation organisée par des dirigeants d'entreprise ayant accepté de vendre des fleurons français sous pression judiciaire américaine (citant l'emprisonnement menaçant de Patrick Kron) en échange de primes personnelles considérables, et attribue le démantèlement du monopole d'EDF à la pression de la Commission européenne contre les monopoles publics — pression à laquelle la France se serait, selon lui, inutilement soumise dans le cas de l'électricité tout en la refusant avec succès dans le cas des barrages hydroélectriques.

Un économiste développe une critique de l'absence de vision de long terme des démocraties occidentales, incapables selon lui de financer l'investissement d'avenir (recherche, formation, jeunesse) parce que leurs budgets restent structurellement absorbés par le financement de déficits hérités, et retrace la financiarisation de l'économie mondiale à la décision de Nixon de 1971 mettant fin au système de Bretton Woods, qui aurait transféré la souveraineté monétaire des États vers les marchés financiers. Il affirme, en s'appuyant sur les rapports du Conseil d'orientation des retraites, que la réforme des retraites française de 2023 n'était pas justifiée par une nécessité financière réelle mais par un choix politique de baisser la fiscalité des entreprises, et présente cette réforme comme une contrepartie occulte du plan de relance européen négociée sous forme de « recommandation » maquillant une obligation.

Un spécialiste de l'énergie (dont l'argumentation recoupe les positions publiques de Jean-Marc Jancovici et de l'historien des techniques Jean-Baptiste Fressoz, cités nommément) développe une critique de l'indépendance énergétique comme concept largement illusoire (la France ne disposant sur son sol ni de minerai de fer, ni de cuivre, ni de bauxite), lui préférant la notion de dépendance mutuelle organisée pour limiter la vulnérabilité. Il souligne que les technologies renouvelables (éoliennes, panneaux solaires) restent aujourd'hui fabriquées à partir de pétrole, de charbon et de matières premières importées, et que la suppression des combustibles fossiles impliquerait une multiplication par plusieurs dizaines du prix réel des biens manufacturés, remettant en cause la compatibilité entre un monde 100 % renouvelable et le maintien des acquis sociaux (semaine de 35 heures, retraites, études longues) rendus possibles par l'abondance énergétique fossile. Il exprime des réserves sur le nucléaire de quatrième génération (surgénérateurs), jugeant le raisonnement de Jancovici opposant nucléaire et guerre civile trop simpliste, et pointe la contradiction entre l'enfouissement des déchets nucléaires (fondé sur l'incertitude de la stabilité du monde futur) et le lancement de nouvelles générations de centrales.

Un historien des techniques développe une généalogie du concept de « progrès », initialement centré au XVIIIe siècle sur le progrès moral et social avant d'être réduit, au XIXe siècle industriel, à sa seule dimension technique et économique au service d'intérêts commerciaux — affirmant qu'aucune technique n'est neutre, chacune redessinant des rapports sociaux et environnementaux, et appelant à la réouverture d'un débat politique sur les choix techniques dans la lignée des réflexions des années 1970 sur les « technologies conviviales » (Ivan Illich) et des « low-tech » contemporaines (Philippe Bihouix). Il qualifie le transhumanisme de « mythe social » porté par des milliardaires technosolutionnistes déconnectés de la réalité, servant à détourner l'attention des enjeux environnementaux réels plutôt qu'à constituer une trajectoire technologiquement généralisable.

Un climatologue détaille les effets non linéaires du réchauffement climatique à partir d'exemples concrets (canicules à 50 degrés au Canada et en France, inondations catastrophiques au Pakistan, effondrement partiel des récoltes françaises) pour souligner que la moyenne globale de température masque des disparités locales extrêmes, et introduit le concept de « thermomètre mouillé » (température ressentie combinant chaleur et humidité) pour expliquer pourquoi de larges portions de l'Inde et de la Chine pourraient devenir invivables d'ici 2100 à un niveau de réchauffement de 1,5°C ou plus. Une autrice développe enfin une réflexion féministe sur la fragilité matérielle des droits des femmes (contraception, avortement) dans un monde appauvri et déstabilisé par les crises de ressources et climatique, argumentant qu'un droit inscrit dans la loi reste une abstraction sans les infrastructures industrielles et logistiques concrètes (usines, chaînes d'approvisionnement, remboursement public) qui le rendent effectif.

Excerpts

Sur le fonctionnement mafieux des corps d'État français :

“« Le corps est là pour les promouvoir et pour gagner en puissance [...] ils se sont accaparés corps par corps des parties de l'État et ils savent que les postes leur sont réservés [...] il y a un modus vivendi où on ne critique pas, où on ne laisse pas de trace de critique. »”

Sur l'illusion de l'indépendance énergétique et le coût réel des combustibles fossiles :

“« L'idée de l'indépendance énergétique est quelque chose qui, stricto sensu, n'existe pas [...] si je supprime les combustibles fossiles, ça revient à dire que le prix réel de n'importe quoi devrait être multiplié par quelques dizaines. »”

Sur la fragilité matérielle des droits des femmes dans un monde en crise :

“« En droit, c'est une abstraction, c'est une ligne dans le Code de la santé publique [...] ce droit n'est réel que s'il y a des usines qui produisent ce médicament, qu'il soit distribué, et qu'un État en garantisse l'accès [...] dans un monde plus pauvre, ces droits deviennent des mots vides. »”